Nantes : la cathédrale meurtrie

24 Septembre, 2020
Provenance: fsspx.news
Tableau d'Hippolyte Flandrin, Saint Clair guérissant des aveugles

Plus de deux mois après l’incendie criminel qui a ravagé la cathédrale des ducs de Bretagne, l’heure est à la dépollution, avant qu’un diagnostic précis puisse être réalisé. Le chantier de reconstruction sera « le plus important de la période récente en matière de monuments historiques », explique la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). 

C’est sur le parvis de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul que le nouvel évêque de Nantes a choisi de célébrer sa messe d’installation, le 20 septembre 2020. 

Mgr Laurent Percerou a pu mesurer l’ampleur des dégâts de l’incendie volontaire du 18 juillet dernier, causé par un migrant rwandais en situation irrégulière auquel on avait cru bon de confier les clés de l’édifice. 

Le chantier de reconstruction prendra plusieurs années. Les grandes-orgues datant de 1620 sont parties en fumée, nécessitant un important travail de dépollution préalable : « en fondant, le grand orgue a déposé du plomb au sol et sur une partie du parvis », explique le père François Renaud, administrateur diocésain. 

La verrière a elle aussi complètement disparu, ainsi que la console de l’orgue de chœur, l’ancienne cathèdre - siège de l’évêque - et une partie des stalles. De même, il ne reste rien du tableau de Flandrin - Saint Clair, 1er évêque de Nantes, guérissant des aveugles - qui était situé près du gisant de François II, duc de Bretagne. 

Il reste également quelques incertitudes sur l’état de la voûte : « nous avons retrouvé au sol des fragments de pierre de la taille d’un ongle qui n’étaient pas là avant. Cela va nous obliger à monter sur une nacelle pour prendre des photos en haute définition », explique Philippe Charron, responsable du pôle patrimoine, architecture et espaces protégés à la Drac. 

Le diocèse espère une réouverture progressive de l’édifice, notamment des parties qui n’ont pas - ou peu - souffert de l’incendie. 

« Ce qui compte aujourd’hui, c’est que nous sommes dans la joie d’accueillir notre nouvel évêque », se réjouit le père François Renaud. Mgr Percerou a du pain sur la planche : le diocèse ne compte plus que 169 prêtres en activité, et leur nombre devrait continuer de baisser rapidement.