Nigeria : Boko Haram continue à sévir

07 Novembre, 2014
Provenance: fsspx.news

Le 23 octobre 2014, l’agence d’information vaticane Fides annonçait l’enlèvement de 60 jeunes filles dans l’Etat d’Adamawa, au nord-est du Nigeria, par le groupe islamiste Boko Haram. Et des rumeurs couraient dans le pays sur un accord de trêve entre le gouvernement d’Abuja, capitale fédérale du Nigéria, et Boko Haram, accord qui aurait prévu la libération des 200 jeunes filles enlevées à Chibock le 14 avril dernier, dans le nord-est du Nigeria.


L’annonce des nouveaux enlèvements est parvenue alors que le Parlement d’Abuja approuvait la requête du Président Goodluck Jonathan d’un milliard de dollars de fonds d’urgence pour acquérir des armements destinés à la lutte contre Boko Haram. Le 28 octobre le Père Patrick Tor Alumuku, directeur du bureau des communications sociales de l’archidiocèse d’Abuja, déclarait à Fides : « Boko Haram est divisé en différents groupes et ceux qui disent négocier en son nom en ce moment ne constituent pas sa composante principale ». Au cours de ces dernières semaines, les annonces de la part du gouvernement d'une éventuelle trêve avec la secte islamique qui sévit dans certains Etats du nord du Nigeria, se sont multipliées. Selon certains, les « représentants » de Boko Haram sont en réalité des escrocs cherchant à soutirer de l’argent au gouvernement, indique le Père Alumuku.

Il soulignait que les déclarations de négociations proviennent uniquement du gouvernement tandis que Boko Haram se tait sur le sujet ; les autorités, expliquait-il, sous pression pour retrouver les jeunes filles enlevées, sont incitées à faire des annonces de trêve et de libération d’otages qui ne se concrétisent finalement pas. La situation des jeunes filles enlevées est beaucoup plus compliquée que ce que l’on pourrait penser, ajoute le Père Alumuku. Les jeunes filles ont en effet été contraintes de se marier avec les guérilleros de Boko Haram.

Cela rend difficile de les libérer par la force, puisqu'elles ne sont pas rassemblées dans un seul camp mais dispersées, avec les militants, à travers la région. Les libérer par la négociation s'avérerait également difficile, du fait qu’elles sont désormais les épouses des membres de Boko Haram. « Cela ne signifie toutefois pas qu’il soit impossible de les libérer mais que le chemin à parcourir est plus ardu que ce que l’on pourrait penser », assure le responsable catholique. Le 31 octobre, l’AFP déclare que le groupe islamiste armé Boko Haram nie tout accord de cessez-le-feu avec les autorités nigérianes, qu’il accuse de mensonges dans une vidéo obtenue par l’AFP, et dit exclure toute perspective future de négociation.

Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, y affirme que les 219 lycéennes enlevées à Chibok le 14 avril ont toutes été converties à l’islam et mariées, et dit détenir un ressortissant allemand enlevé le 16 juillet, à Gombi, dans l’Etat d’Adamawa. Selon un rapport de Human Rights Watch, Boko Haram détient plus de 500 femmes et jeunes filles, et les mariages forcés sont une pratique courante dans les camps du groupe islamiste.

(Sources : apic/fides/afp – DICI n°304 du 07/11/14)