Notre-Dame de Paris : quand la menace vient de l’intérieur

25 Novembre, 2020
Provenance: fsspx.news

A Notre-Dame, le diocèse de Paris ferait-il un « petit business dans son coin », pour reprendre un aphorisme cher à son archevêque, Mgr Michel Aupetit ? Si l’extérieur de la cathédrale devrait être restauré « à l’identique », le doute plane sur l’aménagement intérieur, l’archevêché ayant en tête un projet « nouveau et différent ».

Médecin de formation, Mgr Michel Aupetit semble croire à ses talents cachés d’architecte : selon les informations du Figaro, dans son édition du 19 novembre 2020, relayées par La Croix et Valeurs Actuelles, l’archevêque de Paris a réuni un comité de réflexion composé de membres du clergé, mais également de spécialistes de l’aménagement des gares ou de l’accueil du public.

Le futur projet contiendrait – il faut encore écrire au conditionnel – deux volets : le premier, ayant pour but de mieux gérer l’accueil des douze millions de visiteurs qui franchissent le seuil de la cathédrale chaque année, consiste surtout en l’aménagement de vestiaires et de points d’eau plus adaptés.

Le second volet risque de déclencher la polémique puisque de nouveaux vitraux contemporains pourraient être installés afin d’augmenter la luminosité et de rajouter de la couleur : de quoi se poser de sérieuses questions pour toute personne qui s’y connaît, un tant soit peu, en art gothique…

Mais l’archevêque souhaiterait également renouveler le mobilier. Exit les traditionnelles chaises de bois et de paille et place aux bancs d’un design épuré, munis de points lumineux.

Ce nouvel aménagement, figuré sur des maquettes numériques que Le Figaro a pu voir, donnerait « une impression de piste d’aéroport, voire de parking » … Bossuet et Lacordaire n’auraient pu mieux rêver pour leurs sermons à Notre-Dame : à quand la chaire clignotante ?

« Rien n’est encore tranché », tempête-t-on à l’archevêché, où l’on était résolu à « jouer sa partie » – pour reprendre l’expression du Figaro – afin de faire parvenir le projet à son terme.

« Nous tenons à l’articulation du cultuel et du culturel », justifie l’un des membres du comité de réflexion sur le réaménagement de l’édifice, le père Gilles Drouin.

S’il est vrai que les siècles inscrivent toujours leur petite part dans les grands monuments qui sont réaménagés ou réparés par nécessité, l’on peut toutefois craindre le pire pour Notre-Dame. D’une part, parce que les principes liturgiques transformés par Vatican II sont radicalement incompatibles avec la grande tradition liturgique dont le grand vaisseau de l’ile de la Cité est pétri.

Et d’autre part parce que les artistes contemporains pour leur quasi-totalité, n’ont rien à voir – même si l’on ne peut pas le leur reprocher – avec tous ceux qui ont bâti les cathédrales et les ont entretenues. Ils n’ont pas cette foi qui se muait en adoration et en prière dans la pierre. Alors oui, il y a beaucoup à craindre.