Nouvelle-Zélande : A quand l’infanticide ?

12 Août, 2019
Provenance: fsspx.news

Le Parlement de Nouvelle-Zélande a approuvé le 8 août 2019, en première lecture, un projet de loi présenté par le gouvernement visant à dépénaliser l’avortement. Si le texte franchit toutes les étapes du processus législatif, une femme pourra se faire avorter jusqu’au cinquième mois de grossesse, et même au-delà, sur simple avis médical.

Les explications données par les promoteurs de cette loi sont un exemple de manipulation du langage. Ainsi, justifiant son projet de loi, le ministre de la justice néo-zélandais, Andrew Little, a déclaré le 5 août 2019 : « l’avortement est la seule procédure médicale qui demeure un crime en Nouvelle-Zélande. Il est temps que cela change ». Mais l’avortement n’est pas une « procédure médicale », la médecine ayant pour but la conservation et le rétablissement de la santé. 

Autre argument avancé par M. Little : « L'avortement sans risque doit être traité et réglementé comme une question de santé ; une femme a le droit de choisir ce qui arrive à son corps ». Slogan éternellement répété par les militants favorables à l'avortement. Mais qui comporte une faille de taille : une femme, même enceinte, a-t-elle deux têtes, quatre mains et quatre pieds, ou encore deux cœurs ? Ce petit être en son sein, n’est-il qu’une excroissance que l’on peut impunément éliminer ? Une tumeur dont on peut se débarrasser ? 

Jusqu’à présent, l’avortement est considéré comme un délit sur l’archipel, bien qu’un dispositif juridique permette à une femme d’avorter. Elle a besoin pour cela de la prescription de deux médecins attestant de l’existence d’un danger physique ou mental pour la mère de mener la grossesse à son terme. 

Un projet scélérat 

Le projet prévoit la possibilité pour une mère d’avorter jusqu’à la vingtième semaine, c’est-à-dire le cinquième mois, où le fœtus est déjà nettement formé - il mesure plus de vingt centimètres. Les différents organes sont alors en plein développement. Et il peut entendre le cœur de sa mère. Ce délai fera de la loi néo-zélandaise l’une des plus permissives au monde, dépassée seulement par les Pays-Bas – 18 semaines – et le Royaume-Uni – 24 semaines. 

De plus, le projet prévoit la création de zones d’exclusion de 150 mètres autour des avortoirs, dont l’accès serait interdit aux militants pro-vie : « cela empêcherait les gens de distribuer des brochures ou d’approcher les femmes qui s’y rendent », explique The New Zealand Herald dans son édition du 5 août. 

Selon des chiffres officiels, environ 13 000 avortements auraient été pratiqués en 2018 dans le pays, dont 57 après la vingtième semaine de grossesse. Alors que la Nouvelle-Zélande aurait besoin au contraire d’une saine politique nataliste : le taux de fécondité était en 2018 de 1,87 enfant par femme, bien en dessous des 2,1 enfants requis pour assurer le renouvellement des générations. 

En bouleversant un peu plus les fondements de la loi naturelle, les parlementaires néo-zélandais - qui ont approuvé en première lecture le projet de loi par 94 voix contre 23 - ouvrent une boîte de Pandore dont les effets pervers ne manqueront pas de peser lourdement sur les générations futures et sur la moralité.