Orientation sexuelle et identité de genre aux Nations Unies

22 Décembre, 2021
Provenance: fsspx.news

Pour la première fois, l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU) a adopté à l’unanimité une résolution qui inclut les termes « orientation sexuelle et identité de genre ». Il n’y a pas eu de vote sur la résolution, qui a été considérée comme adoptée par consensus.

Au cours de la session, 22 pays se sont opposés à l’inclusion des termes controversés.

L’ambassadeur d’Arabie saoudite a déclaré que les termes « orientation sexuelle et identité de genre ne sont pas en harmonie avec la nature divine ». Il a souligné que « Dieu a créé l’homme et la femme comme un couple, mâle et femelle ».

D’autres pays ont déclaré que l’inclusion de ces termes dans la résolution parrainée par les Etats-Unis sur les élections libres et équitables, allait à l’encontre de leurs cultures et de leurs lois.

Ils ont insisté sur le fait que ces termes ne font pas l’objet d’un accord international et ne devraient pas être inclus dans les futures résolutions. Et ils ont remis en question la pertinence de les inclure dans une résolution sur les élections libres et équitables.

« Dans votre pays, devez-vous confirmer votre orientation sexuelle lorsque vous prenez le bulletin de vote ? », a demandé un délégué russe sur un ton moqueur après l’adoption de la résolution.

Un délégué de l’Egypte a déclaré que l’inclusion de l’idéologie du genre « sape » le système des droits de l’homme et « impose des concepts vagues relatifs à des questions privées qui sont en dehors du cadre des droits de l’homme ».

Un vote sur la résolution était initialement attendu lors de la session plénière de l’Assemblée générale, où la résolution devait finalement être adoptée.

Manœuvres en coulisses

Le personnel de l’ONU qui dirigeait la réunion avait pris des mesures en prévision d’un vote plutôt que d’une adoption par consensus unanime. Une plainte déposée par l’Arabie saoudite appelait à un vote. Sous la pression intense de l’administration Biden, aucun vote n’a finalement eu lieu.

L’adoption par consensus d’une résolution comportant un libellé sur « l’orientation sexuelle et l’identité de genre » constitue un moment décisif dans la politique des Nations Unies.

Au cours des deux dernières décennies, la menace d’un veto de pays tels que le Cameroun, le Nigéria et l’Arabie saoudite a bloqué l’ajout d’un libellé sur « l’orientation sexuelle et l’identité de genre » dans des dizaines de résolutions.

La résolution américaine sur les élections libres et équitables est généralement adoptée par consensus à l’Assemblée générale tous les deux ans. Mais le langage de la résolution va au-delà d’une demande de respect ou d’intimité.

Elle engage les pays à « éliminer les lois, règlements et pratiques qui sont directement ou indirectement discriminatoires » ou qui peuvent avoir un effet sur la participation des personnes qui s’identifient comme LGBT, ce qui constitue une obligation en matière de droits de l’homme.

Ce langage large pourrait être interprété par le système des Nations unies comme exigeant la reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe et des thérapies hormonales pour les enfants qui s’identifient au sexe opposé, ainsi qu’une éducation sexuelle complète.

Lors du sommet sur la démocratie, parrainé par le département d’Etat américain et l’administration Biden, les responsables américains ont explicitement lié la démocratie à la promotion de l’agenda LGBT. Les cinquante-huit pays qui se sont opposés à l’inclusion de « l’orientation sexuelle et l’identité de genre » dans la résolution électorale étaient menacés d’être considérés comme des sociétés antidémocratiques.

Le cas du Nigéria

« Aucune société n’a le droit d’imposer ses valeurs à d’autres », a déclaré le délégué nigérian. Ce dernier a présenté un amendement visant à supprimer les termes controversés au nom de 17 nations. *

Il a déclaré que les termes « n’avaient aucun fondement juridique en droit international des droits de la personne » et a qualifié leur inclusion dans la résolution de « tentative de faire passer clandestinement des termes controversés dans une résolution bonne par ailleurs ».

Des rumeurs circulaient selon lesquelles la délégation nigériane voterait contre l’ensemble de la résolution si l’amendement échouait. L’adoption de la résolution a été déplacée sans explication. Ensuite, le Nigéria n’a pas demandé de vote contre la résolution.

Les initiés supposent que le Nigéria a changé de position en raison d’une pression exercée sur le président Muhammadu Buhari par le secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken qui était en visite au Nigéria le même jour.

Il semble bien que le retrait du Nigéria de la liste noire dressée par les Etats-Unis, ciblant les pays où la liberté religieuse est particulièrement menacée, ait été une bonne compensation…

* Les 17 pays qui ont présenté l’amendement visant à supprimer le libellé sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre sont l’Algérie, le Bangladesh, le Bélarus, le Cameroun, l’Egypte, l’Indonésie, la République islamique d’Iran, la Libye, la Malaisie, le Mali, le Nigéria, le Pakistan, le Qatar, la Fédération de Russie, l’Arabie saoudite, la République arabe syrienne et le Yémen.