Paris : la messe est dite

11 Septembre, 2021
Provenance: fsspx.news
Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris

L’archevêché de Paris vient de fixer les règles d’application du motu proprio Traditionis custodes concernant la célébration de la messe traditionnelle. Limitation du nombre de lieux, autorisation préalable pour chaque célébrant : ces nouvelles normes augurent mal de l’avenir pour ceux qui restent attachés à la célébration de la messe de toujours dans le cadre diocésain.

Les fidèles parisiens sont-ils à la veille de voir réapparaître les tickets de rationnement ?

Pour les nourritures terrestres, pas encore. Mais en ce qui concerne les nourritures célestes, c’est autre chose, car le plus emblématique des diocèses de France vient de réduire de façon drastique le nombre de sanctuaires dans lesquels la messe traditionnelle pourra désormais être célébrée.

Par lettre datée du 8  septembre 2021 destinée à son clergé, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, a fixé les règles d’application du motu proprio Traditionis custodes, en limitant l’usage du rite tridentin à cinq églises de la capitale, là où elle était célébrée dans une quinzaine de lieux jusqu’ici. Ainsi, une grande paroisse parisienne du VIIe arrondissement a disparu de la nouvelle liste.

A cette première restriction qui touche les lieux, l’archevêque de Paris ajoute une condition touchant les prêtres habilités à célébrer selon le missel de 1962 : « pourront y célébrer selon l’ancienne forme, les prêtres qui en ont reçu la mission écrite de ma part », note le prélat.

Et de préciser le sens de cette autorisation : « je souhaite, pour favoriser davantage la communion, que les prêtres appelés soient ouverts aux deux missels ». Une ouverture qui rime, en clair, avec la célébration, au moins occasionnelle, de la messe selon le rite réformé par le pape Paul VI.

De plus, le régime d’autorisation ne touchera pas que les prêtres récemment ordonnés, car même « ceux qui ont l’habitude de célébrer avec le missel de 1962 devront, pour continuer, obtenir mon autorisation par écrit », ajoute l’ordinaire de la capitale.

Mgr Aupetit demande encore que « les lectures (soient) faites en français dans la traduction officielle liturgique de 2013 », une recommandation décalquée du motu proprio. Enfin, l’archevêque annonce que Mgr Patrick Chauvet, recteur et archiprêtre de Notre-Dame, est nommé « délégué de l’archevêque pour l’usage du missel de 1962 ».

Sur le fond, on se reportera utilement au dossier consacré par FSSPX.Actualités au motu proprio, sur lequel Mgr Aupetit s’appuie pour fixer les nouvelles règles de la célébration de la messe tridentine.

On notera que les règles de l’archevêque de Paris suivent de quelques jours la lettre ouverte des supérieurs des principaux instituts français autorisés à célébrer la messe selon l’ancien ordo.

Dans cette tribune, les supérieurs exposaient leur « grande souffrance ». Ils demandaient aux évêques français de nommer un médiateur pour mener « un dialogue humain (…) loin des idéologies ». La réponse parisienne sonne comme une gifle : les restrictions et la nomination d’un délégué épiscopal ressemble plus à celle d’un exécuteur testamentaire qu’à celle d’un médiateur.

Le Supérieur général de la FSSPX s’est montré plus réconfortant : « la Fraternité Saint-Pie X a le devoir d’aider toutes ces âmes qui se trouvent actuellement dans la consternation et le désarroi.

« Nous avons le devoir de leur offrir, par les faits, la certitude que la Messe tridentine ne pourra jamais disparaître de la face de la terre : il s’agit d’un signe d’espérance extrêmement nécessaire. De plus, il faut que chacun de nous, prêtre ou fidèle, leur tende une main secourable, car celui qui n’a pas le désir de partager les biens dont il bénéficie est en réalité indigne de ces biens.

« C’est ainsi seulement que nous aimerons véritablement les âmes et l’Eglise. Car chaque âme que nous gagnerons à la croix de Notre-Seigneur, et à l’amour immense qu’il a manifesté par son Sacrifice, sera une âme véritablement gagnée à son Eglise, à la charité qui l’anime et qui doit être la nôtre, surtout en ce moment. »