Philippines : le torchon brûle entre les évêques et le président

13 Août, 2019
Provenance: fsspx.news

Le bras de fer qui oppose l’Eglise catholique au président Rodrigo Duterte s’accentue depuis que l’épiscopat est accusé de fomenter un complot dans le but de renverser le chef de l’Etat philippin.

Au cœur de l’été 2019, les fidèles se rassemblent par milliers dans les principales villes des Philippines, afin de soutenir leurs pasteurs accusés de comploter contre Rodrigo Duterte. 

Mgr Teodoro Bacani, évêque émérite, Mgr Honesto Ongtioco, évêque de Cubao, Mgr Pablo Virgilio David, évêque de Kalookan et Mgr Socrates Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan sont en effet visés par une plainte pour sédition, déposée au mois de juillet par la police nationale de l’archipel. 

L’affaire est digne d’un roman d’espionnage : au début de l’année 2019, une vidéo postée sur les réseaux sociaux par un homme se faisant appeler Peter Joemel Advincula, accuse le président de la République d’être lié au trafic de drogue qu’il tente pourtant d’éradiquer par tous les moyens. 

Placé en garde à vue peu après, Advincula parle, et explique que plusieurs membres de la hiérarchie catholique se sont ligués au sein d’un mystérieux « groupe de l’ombre », afin de renverser Rodrigo Duterte. 

Les prélats incriminés - de même que la Conférence des évêques des Philippines - ont fait part de leur « totale incompréhension » face à de telles accusations. 

Le 1er août 2019, le cardinal Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille, a lancé un vibrant appel au clergé et aux catholiques, leur enjoignant d’offrir des messes et des prières le 4 août suivant, pour ceux qui souffrent à cause de la « persécution et des fausses accusations ». 

L’opposition de l’épiscopat philippin à la politique de répression aveugle contre le trafic de drogue, mène de façon récurrente la tête de l’Etat à pratiquer l’hyperbole à l’encontre de l’Eglise : ainsi, en 2018, Rodrigo Duterte appelait déjà ses concitoyens à « tuer les évêques », ces « bons à rien », et avançait que le clergé était « gay à 90% ».