Pologne : cure de jouvence pour l’un des plus grands retables au monde

20 Février, 2021
Provenance: fsspx.news

L’un des plus grands retables de la chrétienté se trouve à Cracovie (Pologne) et date de la fin du Moyen Age. Témoin de l’existence mouvementée de la cité fondée sur les bords de la Vistule, il vient d’être restauré et brille à nouveau de ses mille feux.

Au cœur de la ville polonaise, sur la place principale – le Rynek Glowny – la basilique Sainte-Marie, Mariacki Kosciol, se dresse fièrement, avec ses deux tours asymétriques.

L’église, qui impressionne le visiteur par la hauteur de ses voûtes, est surtout célèbre pour son retable, l’un des plus grands du monde chrétien, avec celui de la cathédrale de Séville.

Entre 1477 et 1489, un sculpteur de Nuremberg installé à Cracovie nommé Stoss, connu en Pologne sous le nom de Wit Stwosz, conçoit le retable comme un pentaptyque de treize mètres sur onze : un panneau central avec des sculptures, une paire d’ailes internes ouvrantes, et une autre paire d’ailes externes fixes.

L’ouvrage mélange les essences du chêne et du mélèze, avec des sculptures en bois de tilleul atteignant près de trois mètres de hauteur.

Abritant plus de deux cents figures sculptées, le retable raconte les principaux épisodes de la vie de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère : la scène centrale évoque la Dormition et l’Assomption de Marie en présence des douze Apôtres. Au-dessus du panneau principal, se trouve une représentation du couronnement de Marie, flanquée des saints Stanislas et Adalbert de Prague.

Lorsque le retable est fermé, des panneaux montrant d’autres scènes de la vie du Christ et de la Vierge Marie sont visibles.

Une histoire mouvementée

A la veille de la seconde Guerre mondiale, alors que la Pologne sent son existence menacée par l’Allemagne nazie, les habitants démontent par précaution le retable, et le dispersent en pièces détachées, en plusieurs endroits du pays.

Lors de l’occupation, sur ordre du gouverneur général nazi Hans Frank, un groupe de SS mène l’enquête, met la main sur les pièces et les expédie en Allemagne où elles sont entreposées dans le château de Nuremberg, ville symbole du parti nazi : une opération menée par des résistants vers la fin de la guerre, permettra de rapporter le retable dans sa ville d’origine.

Mais le chef-d’œuvre subit les outrages du temps : une expertise approfondie, réalisée en 2011-2012 conclut à la nécessité d’une restauration, utilisant les techniques numériques de pointe.

Commencés en 2015, les travaux se sont achevés au début de l’année 2021, et ont permis de découvrir que le groupe principal des sculptures du retable avait été réalisé en 1486, soit trois ans plus tôt que ce que l’on estimait jusqu’ici.

A cette occasion, Mgr Dariusz Ras, recteur de la basilique a déclaré : « cet autel est évidemment un patrimoine culturel, mais pour nous, croyants, il présente avant tout les plus beaux moments de la vie de Marie, que nous connaissons par l’Evangile ».

Une messe sera célébrée en action de grâces pour la restauration du retable, le 15 août 2021, fête patronale de la Mariacki Kosciol, chère au cœur des Cracoviens.