Pologne : le nombre des avortements légaux s’est effondré en un an

03 Août, 2022
Provenance: fsspx.news

Le nombre des avortements pratiqués légalement en Pologne a été dix fois moindre en 2021 qu’en 2020. C’est le fruit de la nouvelle législation qui protège davantage la vie de l’enfant à naître. Selon le ministère de la santé, le nombre d’avortements est tombé à 107 l’année dernière.

Fin octobre 2020, le Tribunal Constitutionnel (TC) polonais a jugé que l’avortement eugénique était inconstitutionnel. Jusqu’à la publication de l’arrêt du 22 octobre 2020, le droit polonais prévoyait que le droit à la vie était protégé dans la phase prénatale, à l’exception de 3 circonstances décrites dans la loi sur la planification familiale.

En vertu de ces dispositions, l’avortement était autorisé dans le cas d’une grossesse résultant d’un viol, d’une menace pour la vie ou la santé de la mère et également dans une situation de « forte probabilité d’anomalie grave et irréversible du fœtus ou de maladie incurable menaçant la vie ». A la suite de la publication de l’arrêt du TC, ce dernier cas a été supprimé.

« La loi fonctionne et a permis de sauver des personnes concrètes », déclare Magdalena Korzekwa-Kaliszuk, avocate et psychologue, présidente de la Fondation du groupe Proelio. Les années précédentes, le nombre d’avortements enregistrés par le ministère de la Santé était de 1 076 (en 2018 et 2020) et de 1 110 en 2019.

Selon Magdalena Korzekwa-Kaliszuk, si la loi n’avait pas été modifiée à la suite de l’arrêt de la Cour, l’année dernière également, un millier d’enfants auraient perdu la vie avant leur naissance en Pologne, principalement en raison d’une suspicion de trisomie 21.

« Une bonne loi a une influence positive sur l’attitude des gens. D’une part, elle renforce la conviction que le droit à la vie ne doit pas dépendre du diagnostic d’un état pathologique. D’autre part, le fait de ne pas pouvoir tuer un enfant pour des raisons eugéniques signifie que les médecins n’auront plus aucune raison de suggérer ou même de faire pression sur les parents pour qu’ils avortent », déclare la président de la Fondation du groupe Proelio.

L’experte affirme qu’en Pologne, des pressions ont souvent été exercées sur les femmes pour qu’elles avortent pour des raisons eugéniques. Les pro-vie de Rzeczpospolita soulignent également que le nombre d’avortements dits légaux sera encore réduit dans les années à venir.

La décision du TC est entrée en vigueur le 27 janvier, avant minuit, et les données citées par Rzeczpospolita montrent que 75 des 107 avortements ont été pratiqués pour des motifs dits eugéniques, c’est-à-dire les motifs éliminés par la décision du Tribunal constitutionnel polonais.

Le journal souligne que les chiffres de l’année dernière montrent que les médecins n’interprètent pas largement la prémisse d’une menace pour la vie et la santé d’une femme sur la base de sa santé mentale. Le nombre de 32 avortements liés à ce contre-type est similaire aux statistiques des années précédentes.

Les organisations et les politiques qui préconisent l’affaiblissement de la protection juridique de la vie des enfants à naître, affirment que, suite à la décision du TC, les femmes polonaises choisissent l’avortement à l’étranger. Selon la députée de gauche Joanna Scheuring-Wielgus, ils se compteraient « par milliers ». Mais aucune preuve n’est fournie pour étayer cette affirmation.

« Même si certains parents ont encore décidé de tuer leurs enfants atteints de maladies présumées, soit illégalement, soit à l’étranger, la grande majorité d’entre eux ont permis à l’enfant de vivre, et c’est une victoire incontestable rendue possible par l’arrêt du TC », répond Magdalena Korzekwa-Kaliszuk.