Portugal : l’euthanasie s’invite encore au Parlement

16 Juin, 2022
Provenance: fsspx.news

Après le vote au Parlement d’une série de motions allant dans le sens d’une légalisation du suicide assisté, les évêques portugais se sont élevés contre un projet qui, s’il était adopté, serait l’un des plus permissifs en matière d’euthanasie. La balle revient une nouvelle fois dans le camp du chef de l’Etat qui devra trancher.

« La Conférence des évêques du Portugal (CEP) réaffirme son opposition à toute tentative de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté et désapprouve les texte votés aujourd’hui à l’Assemblée de la République », indique le communiqué publié le 9 juin 2022 par l’agence d’informations Ecclesia.

Quelques heures plus tôt, quatre textes avaient reçu l’approbation des députés : rien d’étonnant, étant donné que la chambre unique qui constitue le Parlement est largement dominée par une coalition progressiste.

Plus inquiétant : dans sa nouvelle mouture, le projet de légalisation de l’euthanasie a évacué toute référence aux « maladies fatales » pour justifier le recours au suicide assisté.

D’ailleurs les prélats lusitaniens ne s’y sont pas trompés : « les projets de loi approuvés représentent une extension de la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté au-delà des situations de mort imminente, couvrant également les situations de maladie incurable et d’invalidité, ce qui rapprochera notre législation des systèmes les plus permissifs déjà existants », dénoncent-ils dans leur communiqué.

Afin d’évacuer les sophismes qui justifient le suicide assisté au nom du soulagement du patient, la CEP attire l’attention sur le fait qu’« avec l’euthanasie, ce n’est pas la souffrance qui est combattue mais la vie qui est supprimée ».

Et les évêques de rappeler que « là où auparavant la loi de Dieu, par le commandement ‘tu ne tueras point’, protégeait tous les hommes, la loi des hommes les menace tous désormais ».

En janvier 2021, un premier projet de loi dépénalisant l’euthanasie avait déjà été approuvé par le Parlement, avant d’être sanctionné par un veto présidentiel à la fin de l’année dernière. Le président de la République du Portugal, Marcelo Rebelo de Sousa, catholique pratiquant, reprochait les « contradictions » internes du projet d’alors.

Les quatre propositions votées le 9 juin dernier doivent être fusionnées en un texte qui sera à nouveau présenté au chef de l’Etat d’ici quelques mois : la question est de savoir jusqu’à quand celui-ci pourra-t-il résister à la pression politique qui s’exerce de façon croissante contre lui.