Procès au Saint-Siège : une cinquième audience de dix minutes

15 Décembre, 2021
Provenance: fsspx.news
Vidéo divulguée de l’interrogatoire de Mgr Alberto Perlasca

La cinquième audience dans l’affaire concernant des infractions financières présumées impliquant des fonds du Secrétariat d’Etat a duré dix minutes. Les promoteurs de la justice ont expliqué qu’un seul des quatre suspects, dont le renvoi en jugement a été annulé, était disponible pour un interrogatoire.

Dix minutes. La cinquième audience, depuis le 27 juillet, du procès au Vatican sur l’utilisation présumée illégale de fonds du Saint-Siège n’aura duré que dix minutes. « Il est clair que nous sommes dans un chantier ouvert », a commencé le président du Tribunal du Vatican, Giuseppe Pignatone, en fixant la prochaine session au 25 janvier 2022.

Il sera peut-être alors possible de communiquer une date pour les convocations au procès ou le rejet éventuellement présenté par le Promoteur de Justice à propos des quatre suspects dont la mise en jugement avait été annulée, puisqu’ils n’avaient pas été interrogés en phase préliminaire.

« Tout sera repris à zéro, à la lumière de ce qui est nouveau », a déclaré le président du Tribunal du Vatican, expliquant que dans deux mois, l’intention est de « commencer le traitement », et d’aller au cœur d’un procès qui s’est enlisé dans des escarmouches procédurales depuis juillet.

Le report d’aujourd’hui est motivé par le fait que « à ce jour, seul un des suspects invités à comparaître a répondu à la convocation et s’est rendu disponible pour l’interrogatoire », a expliqué le promoteur d’Applied Justice, Gianluca Perone.

Il a également déclaré que « nous prévoyons de déposer de nouvelles demandes de renvoi en jugement ou de rejet d’ici le 20 janvier ». En l’absence de ces documents, « nous ne pouvons que reporter », a répondu le président Pignatone. La prochaine audience, le 25 janvier, a-t-il dit, « sera une fois de plus une audience de simple transit. J’espère que ce sera la dernière. »

Note du promoteur de la justice

M. Perone a déclaré avoir remis un mémo à l’audience, indiquant les références et l’emplacement exact des documents que la défense estime manquants. Il précisait en outre : « Il est rappelé que tous les documents sources de preuves ont été déposés et peuvent être trouvés dans les archives du procès. A ce jour, cependant, aucun des défendeurs n’a demandé à voir les copies judiciaires. »

« D’ici la mi-janvier 2022, le Bureau du Promoteur de Justice – lit-on encore dans la note – achèvera les transcriptions conformément aux dispositions de l’Ordonnance de la Cour du 6 octobre et, sur la base des enquêtes effectuées et de la documentation acquise, prendra les décisions concernant les demandes de citation à comparaître ou de non-lieu pour les charges visées par l’Ordonnance. »

Transcription des interrogatoires audio-vidéo

Le juge Pignatone a annoncé qu’il avait ordonné la transcription intégrale des enregistrements audio-vidéo des interrogatoires des accusés. En premier lieu, celui de Mgr Alberto Perlasca, à l’époque des faits chef du bureau administratif de la première section de la Secrétairerie d’Etat, aujourd’hui considéré comme le « témoin clé ». La date limite est fixée au 10 janvier.

Cette ordonnance est d’autant plus pressante que sept extraits vidéo, tirés de trois interrogatoires de Mgr Alberto Perlasca, ont été publiés sur le site du Corriere della Sera le 3 décembre 2021. Ces fuites sont tirées de trois interrogatoires menés dans les locaux de la gendarmerie vaticane en présence notamment du Promoteur de justice, Alessandro Diddi. Un nouveau Vatileaks ?