Procès de l’immeuble de Londres au Vatican

29 Juillet, 2021
Provenance: FSSPX Spirituality

Le procès pour l’utilisation irrégulière de fonds de la Secrétairerie d’Etat, plus connu comme le procès de l’immeuble londonien, a débuté ce lundi 27 juillet dans une salle d’audience aménagée dans les locaux des Musées du Vatican.

La première séance a surtout donné l’occasion aux avocats de la défense des dix accusés de présenter leurs requêtes préliminaires. L’audience était présidée par le juge Giuseppe Pignatone. Elle a duré sept heures. Une trentaine d’avocats, de journalistes, de gendarmes, se pressaient dans ce prétoire improvisé.

En revanche, seuls trois accusés sur dix avaient fait le déplacement, dont Mgr Mauro Carlino et le cardinal Giovanni Angelo Becciù, ancien Substitut de la Secrétairerie d’Etat, accusé de détournement de fonds, d’abus de pouvoir mais également de subornation.

Ce dernier a assuré qu’il était « confiant que les juges seront capables de voir les faits et mon grand espoir est qu’ils reconnaissent mon innocence ».

Plusieurs avocats demandent un ajournement

L’avocat de Cecilia Marogna a présenté une demande de report au motif que le Département d’information pour la sécurité (DIS) – qui dépend de la présidence du Conseil en Italie – avait ordonné une enquête sur la base d’une plainte qu’elle avait déposée pour être libérée du secret.

L’avocat de Gianluigi Torzi a demandé un report en raison de l’« empêchement légitime » de son client pour assister à l’audience. Ce dernier est en liberté surveillée, sous bracelet électronique depuis le 28 avril 2021 et « ne peut se déplacer de Londres ».

L’avocat d’Enrico Crasso a présenté nombre d’exceptions et d’objections. Il s’est également plaint de l’absence de « nombreux actes » et aussi du fait que les accusés n’ont pas eu la garantie de disposer du temps nécessaire pour préparer leur défense.

Contestations sur les rescrits du Pape

Tous les avocats se sont associés pour demander que le décret de mise en accusation soit déclaré nul et non avenu, du fait de modifications apportées à la procédure par des rescrits du Pape. Selon eux, un rescrit est un « acte administratif » et « le doute porte sur la question de savoir si un acte administratif peut déroger à la législation en vigueur ».

Trois autres rescrits du Pape ont introduit des procédures pénales « uniquement pour ces procédures », ce qui ferait du Vatican « un tribunal spécial ».

Enfin, d’autres anomalies de procédures ont été soulignées : absence d’enregistrements de certains interrogatoires, absence d’un avocat au cours d’une comparution volontaire, mandat d’arrêt suspect.

« Le Pape est le législateur »

L’avocate de la partie civile de la Secrétairerie d’Etat a souligné que « le Pape est le législateur ». Pour sa part, le promoteur de Justice du Vatican Gian Piero Milano est revenu sur la question du rescrit papal qui, a-t-il expliqué, est un acte exprimant « le pouvoir suprême » du Pape.

Le président du tribunal a ensuite levé le mandat d’arrêt du Vatican contre Raffaele Mincione et a réservé sa position sur toutes les exceptions et demandes des avocats.

Il a enfin décidé que toutes les personnes absentes lors de cette première audience, à l’exception du courtier Gianluigi Torzi, du cardinal Angelo Becciù et de l’ancien secrétaire Mauro Carlino, devaient être jugées par contumace.

Le procès a été renvoyé au 5 octobre prochain.