Recrutement des évêques : l’étonnant constat du cardinal Ouellet

31 Décembre, 2019
Provenance: fsspx.news

Dans un entretien accordé le 7 décembre 2019 au site d’informations Vida Nueva, le préfet de la Congrégation pour les évêques a déclaré que le nombre des prêtres pressentis pour être évêques, et qui n'acceptent pas la mitre, a triplé au cours des dix dernières années. 

« Si quelqu'un aspire à l'épiscopat, il désire une belle fonction », écrit l’apôtre saint Paul (1 Tm 3, 1). Près de deux mille ans plus tard, cette aspiration semble se faire plus rare à en croire le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques. 

Le prélat explique : « Quand je suis arrivé à la Congrégation pour les évêques il y a près d'une décennie, un élu sur dix refusait l’épiscopat, invoquant des raisons personnelles parmi d’autres. Maintenant, ils sont trois fois plus nombreux ». Le cardinal ajoute : « Peut-être cela tient-il au fait qu’ils ne se sentent pas capables, qu’ils manquent de foi, ou qu’ils ont des difficultés personnelles ; ou bien encore préfèrent-ils ne pas courir le risque de nuire à l'Église ». 

Cette situation, continue Mgr Ouellet, doit être mise en rapport avec la « crise générale de la foi » répandue dans une bonne partie du monde, qui se manifeste aussi « dans le mariage, dans la vie consacrée, dans la vie sacerdotale et dans la culture ». Ce constat lucide ne va cependant pas jusqu’à remettre en cause l’orientation de l’Eglise depuis plus de cinquante ans. N’y a-t-il aucun lien entre la crise générale de la foi, du sacerdoce, de la vie religieuse et de la morale catholique et les réformes profondes engagées au nom du concile Vatican II ?  

Créé cardinal en 2003 par Jean-Paul II, Mgr Ouellet a été appelé à Rome par Benoît XVI en 2010. Son analyse demeure en fait succincte et « bergoglienne ». Ainsi, dressant le portrait-robot du candidat idéal à l’épiscopat, il affirme : « il ne suffit plus de souligner les vérités de la foi, car la culture a beaucoup changé au cours des quarante dernières années, une nouvelle ère de dialogue s’est ouverte ». 

Usant des éléments de langage chers au pape François, le haut prélat rappelle que l’Eglise a besoin « moins de professeurs que de pasteurs, qui ont de l’empathie, et s’intéressent aux pauvres et aux périphéries ». Des paroles creuses qui ignorent les vraies solutions. 

De son côté, le droit de l’Eglise énumère les qualités de ceux qui sont appelés à l’épiscopat : ils doivent être « de bonnes mœurs et avoir la piété, le zèle des âmes, la prudence et les autres qualités qui le rendent apte à gouverner un diocèse » ; ils doivent consacrer leurs efforts « à la conservation de la pureté de la foi et des mœurs dans le clergé et le peuple, surtout chez les enfants et les gens peu instruits ; ils doivent faire en sorte que l'éducation de l'enfance et de la jeunesse soit donnée d'après les principes de la religion catholique. » (canons 331 à 336 du code de 1917). 

Ce dont l’Eglise a besoin pour sortir de la crise générale de la foi, c’est de saints évêques fidèles aux devoirs de leur charge de conserver et transmettre la pureté de la foi et des mœurs.