Réforme de laïcisation dans le diocèse de Fribourg

26 Mai, 2021
Provenance: fsspx.news
Mgr Charles Morerod, évêque du diocèse de Lausanne, Genève, Fribourg

Mgr Charles Morerod est évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg depuis 2011. Issu de l’ordre dominicain, il a été professeur à l’université catholique de Fribourg, puis à l’Angelicum avant d’en devenir le recteur. Il vient de lancer une profonde réforme dans le diocèse dont il est le pasteur.

Il serait possible de qualifier cette réforme par le terme de « laïcisation ». En effet, l’évêque de Fribourg a décidé de supprimer certains vicariats épiscopaux ainsi que les vicaires qui en occupaient la fonction.

Le vicaire épiscopal est un collaborateur immédiat de l’évêque. Il diffère du vicaire général. Ce dernier seconde ou remplace l’évêque pour tout le territoire du diocèse. Alors que le vicaire épiscopal se voit attribuer une fonction limitée : une portion du diocèse, un groupe déterminé de fidèles – le personnel médical par exemple – ou encore une fonction apostolique précise – les vocations du diocèse par exemple.

Les vicaires évincés sont remplacés par des « représentants de l’évêque » nommés pour 5 ans, qui prendront en charge une « région diocésaine ». Ainsi, une agente pastorale est nommée à la tête de la région de Fribourg francophone ; un agent pastoral prend en charge la région diocésaine de Vaud ; et un diacre marié dirigera la région diocésaine de Neuchâtel.

Un seul vicaire épiscopal est maintenu en place, pour Genève, dont le mandat prendra fin dans un an. Mais cette région suivra sans aucun doute les autres, comme Fribourg alémanique les avait précédées, puisqu’elle est dirigée par une représentante de l’évêque depuis août 2020.

Mgr Morerod a livré un long entretien à cath.ch pour expliquer ses motivations. Il se justifie en particulier en expliquant qu’il veut réserver ses prêtres à un rôle pastoral, et les dégager des tâches d’organisation.

De plus, il estime que la place des laïcs doit s’accroître quant aux responsabilités pastorales. Il précise que ces représentants laïcs de l’évêque « gèrent les questions locales » et « auront aussi la charge de représenter le diocèse auprès des instances de l’Etat et des corporations ecclésiastiques, ou encore des autres Eglises et religions ».

Une anticipation des desiderata du Chemin synodal allemand

La réforme de Mgr Morerod s’est mis dans le sens du vent : dans le sens de la synodalité-démocratie, de la division de l’exercice du sacerdoce entre clercs et laïcs, de la féminisation des postes de responsabilité dans l’Eglise, de la lutte contre le cléricalisme chère à François.

Mais en même temps, il va dans le sens d’une démolition toujours plus systématique du catholicisme, de la structure révélée de l’Eglise, de la hiérarchie instituée par Jésus-Christ lui-même.

Ces réformes produiront les mêmes mauvais fruits qui sont nés du concile Vatican II et des réformes post-conciliaires : une désaffection toujours plus grande des fidèles et un épuisement des forces cléricales du fait d’un vieillissement qui semble inéluctable ainsi que d’un recrutement qui n’en finit pas de dégringoler.

L’évêque de Fribourg explique que « ce changement demande un saut dans la foi ». Mais de quelle foi s’agit-il ? Cette réforme est comme une négation pratique de la hiérarchie divinement instituée : il est donc difficile de penser qu’il s’agit de foi divine.

Mais que peut-on bâtir sur une foi humaine ? Autant bâtir sur du sable.