Refroidissement climatique entre l’épiscopat américain et le pape François

05 Novembre, 2021
Provenance: fsspx.news

Alors que s’est ouvert le sommet de la COP26, le 31 octobre 2021 à Glasgow (Ecosse, Royaume-Uni) sur le thème du réchauffement climatique, une étude américaine met en avant le silence d’une large partie de l’épiscopat d’outre-Atlantique sur cette question, illustrant un nouveau point de désaccord avec le pape François.

Les évêques américains ne partageraient-ils pas le même engouement que le pape François pour l’écologie ? Pour répondre à cette question, l’institut IOP Science a compilé pas moins de 12 077 articles publiés par les ordinaires de deux-cent-une juridictions ecclésiastiques aux Etats-Unis, sur une période s’étendant entre juin 2014 et juin 2019, soit avant et après l’encyclique Laudato si’.

Les chercheurs ont notamment évalué la fréquence et les contenus des interventions épiscopales ayant pour thème l’hypothèse du changement climatique : avec des résultats qui risquent de faire grincer des dents du côté de Sainte-Marthe.

Sur tous les articles épiscopaux compilés, seuls 93, soit 0,8% du total, mentionnent ce thème devenu la doxa de la religion écologique. De plus, ces quatre-vingt-treize articles n’ont été écrits que par cinquante-trois évêques, ce qui ne représente que 26% du corps épiscopal.

Autre point relevé dans l’enquête de IOP Science : lorsque les évêques ont effectivement mentionné le changement climatique dans les quatre-vingt-treize articles concernés, ce n’était pas pour relayer avec exactitude le contenu de l’encyclique Laudato si’, loin de là.

Ainsi, six évêques ont minimisé le degré d’autorité que représente la théorie du changement climatique, neuf autres ont relativisé cette hypothèse, en la noyant dans d’autres enseignements récents de l’Eglise sur l’écologie.

En outre, vingt-neuf évêques restent flous sur l’enseignement véhiculé par Laudato si’, manifestant par-là la gêne causée par un acte pontifical dont on se demande de quel magistère il relève vraiment.

Seuls 0,46% des prises de parole épiscopales décrivent le changement climatique comme réel ou en cours ; 0,12% affirment qu’il existerait un consensus scientifique sur la question ; 0,24% le décrivent comme une urgence vitale.

Un silence évocateur quand on garde à l’esprit que les évêques américains savent prendre la parole – avec prolixité – et monter au créneau lorsqu’il s’agit de défendre le droit à la vie, de refuser la communion eucharistique aux « divorcés remariés » ou aux politiciens soutenant la culture de mort.

Une enquête à rapprocher d’autres analyses publiées ces dernières années, et qui mettent en relief que les catholiques proches du Parti républicain sont assez critiques par rapport au virage écologique de l’actuel pontificat, à l’inverse des catholiques progressistes affiliés au Parti démocrate.

Cette résistance épiscopale au message « écologique » venu de Sainte-Marthe, montre à coup sûr que le degré d’autorité de ces documents, tels l’encyclique citée, est à peu près nul. Il ne s’agit que d’un magistère pastoral qui relève bien davantage du conseil.

Il n’est pas difficile de transposer cette constatation à un autre événement qui n’a voulu, lui aussi, faire que du pastoral, et a ainsi négligé d’enseigner la vérité catholique : tout le monde aura saisi qu’il s’agit du concile Vatican II. C’est pourquoi son autorité est minimale – tout juste humaine – et le contester au nom de la tradition est un service rendu à l’Eglise.