Rome : Les discussions doctrinales avec la Fraternité Saint-Pie X vues d’Autriche, d’Allemagne et de France

02 Octobre, 2009
Pour le cardinal-archevêque de Vienne,  Benoît XVI a « de bonnes raisons » d´ouvrir ce dialogue théologique avec la Fraternité Saint-Pie X.

Pour le cardinal-archevêque de Vienne, Benoît XVI a « de bonnes raisons » d´ouvrir ce dialogue théologique avec la Fraternité Saint-Pie X.

Le 12 septembre, le cardinal-archevêque de Vienne, Christoph Schönborn, cité par l´A.F.P., a accordé un entretien au quotidien bavarois Passauer Neue Presse. Il y déclare que Benoît XVI avait « de bonnes raisons » d´ouvrir ce dialogue théologique avec la Fraternité Saint-Pie X : « Le pape considère avec raison comme de son devoir de s´engager pour l´unité de l´Eglise ». « C´est la seule motivation de ses efforts en vue de ramener au bercail un groupe de catholiques qui s´est séparé de l´Eglise », estime-t-il. Selon le prélat autrichien, ce dialogue permettra de « clairement signifier » aux traditionalistes les points qui, pour le Vatican, « ne sont pas négociables »: la position à l´égard des juifs, des autres religions, chrétiennes et non-chrétiennes, ainsi que la liberté religieuse comme droit fondamental de l´humanité. D´après l’agence de presse catholique autrichienne Kathpress, reprise par l´AFP, l´ouverture d´un dialogue quasi-officiel avec les traditionalistes suscite de fortes réticences notamment au sein des épiscopats allemand et français. C’est ainsi que le cardinal-archevêque de Paris, André Vingt-Trois, a fait part de son scepticisme à La Croix du 17 septembre : « Par définition, pour faire l’unité, il faut être deux ». Or, affirme le prélat français, le préalable à la discussion, clairement posé par Benoît XVI, à savoir l’acceptation de Vatican II, continue d’être repoussé par les responsables de la Fraternité Saint-Pie X. Selon lui, le travail d’unité passe par une réappropriation en profondeur des textes de Vatican II. « Dans les années 1970, on estimait suffisant d’appliquer le Concile, note-t-il. On s’aperçoit aujourd’hui que le Concile est bien évidemment un élément constitutif de la vie de l’Église, mais que son application suppose un gros travail d’intégration ». - Alors que l’on s’apprête à fêter le 50e anniversaire de l’ouverture de Vatican II (1962), une série d’initiatives sera lancée pour cet effort de réinvestissement. Dans la dernière livraison de la revue allemande Theologisches, le Père Manfred Hauke, professeur de théologie dogmatique à la Faculté de théologie de Lugano, critique vivement la pétition pour le Concile Vatican II, intitulée Vaticanum II, lancée il y a quelques mois en Allemagne dans les milieux progressistes, et récemment déclarée irrecevable par la Congrégation pour la doctrine de la foi (voir DICI n°201 du 19/09/09 : Le cardinal Bertone défend Benoît XVI) LIEN vers cet article Le Père Hauke réaffirme que l'adhésion inconditionnelle aux textes du Concile n'est requise par aucun acte du Concile même. Celui-ci s' est considéré lui-même comme un concile pastoral, « ancré dans une situation historique déterminée, qui est sujette à des modifications ». Ses déclarations ne contiennent, en effet, aucune définition dogmatique qui puisse exiger un assentiment inconditionnel, et, quant au reste, l'ensemble doit être pris selon les règles classiques de la théologie. L'assentiment respectueux qui leur est dû, selon le P. Hauke, ne signifie naturellement pas que toutes les affirmations conciliaires prises individuellement soient soustraites à la discussion critique. (DICI n°202 – 03/09/09 - Sources : AFP/Kathpress/Apic/La Croix/Theologisches)