Saint-Marin votera sur la légalisation de l’avortement

23 Septembre, 2021
Provenance: fsspx.news
Vue panoramique de la République de Saint-Marin

La ville-Etat de Saint-Marin est l’un des plus petits Etats du monde : environ 60 km2 pour un peu plus de 33.000 habitants. Cette nation, dont on estime qu’elle est catholique à plus de 90 %, se prononcera le 26 septembre sur l’autorisation de l’avortement jusqu’à 12 semaines de grossesse.

Au Saint-Marin, l’avortement est illégal depuis 1865 : il est considéré comme un crime passible de 3 ans de prison pour la femme et de 6 ans pour le médecin qui pratiquerait l’avortement.

Un référendum demandé par une organisation militante

Plus de 3 000 signatures ont été recueillies pour appuyer ce référendum, soit plus du double que l’exigence légale, rapporte le Guardian. Ce n’est d’ailleurs pas la première tentative. Au cours des 20 dernières années, plusieurs essais de modification de la loi sur l’avortement ont échoué à la suite du veto des gouvernements successifs.

L’Italie, qui entoure géographiquement le micro-Etat, a légalisé l’avortement en 1978. D’autres pays majoritairement catholiques, notamment l’Irlande, ont libéralisé leurs lois sur l’avortement ces dernières années par référendum.

Le parti chrétien-démocrate actuellement au pouvoir a exhorté les citoyens à voter « non » à la modification de la loi.

Réactions des défenseurs de la vie

« Saint-Marin n’a aucune obligation d’adopter les lois de ses nations frontalières et n’a pas besoin de dépendre du mauvais exemple de l’Italie », a déclaré le Dr Adolfo Morganti du Comitato Uno di Noi (Comité Un de Nous), un groupe pro-vie qui a fait campagne contre la légalisation de l’avortement à Saint-Marin.

Morganti a averti que le texte du référendum pourrait ouvrir Saint-Marin à la possibilité d’un « tourisme de l’avortement », car il n’impose pas de condition de citoyenneté ou de résidence.

Il s’est également interrogé sur la nécessité de légaliser l’avortement, compte tenu de la solidité du système de protection sociale du pays qui fournit une aide aux femmes enceintes dans le besoin.

Saint-Marin a également un taux de natalité déjà faible – environ 1,26 enfant par femme – et l’avortement légal va probablement ajouter au déclin de la population de l’Etat, a-t-il ajouté.

Le Comitato Uno di Noi a été critiqué par les défenseurs de l’avortement pour une campagne d’affiches à Saint-Marin représentant un garçon atteint de trisomie 21, avec la légende : « Je suis une anomalie, alors ai-je moins de droits que vous ? Votez non [au référendum]. »

Dans de nombreux pays dotés d’une législation libérale en matière d’avortement, comme l’Islande et les Pays-Bas, le taux d’avortement des bébés atteints de trisomie 21 est supérieur à 90%.

Morganti a déclaré que l’affiche transmet « une vérité très désagréable, à savoir que partout où l’avortement a été libéralisé, la chasse [aux personnes atteintes de trisomie 21] a immédiatement commencé ».

Le père Gabriele Mangiarotti, qui officie dans une église du centre historique de Saint-Marin, a déclaré que modifier la loi sur l’avortement serait une trahison des principes du pays. Saint-Marin « a été fondé par un saint et a donc une présence chrétienne dans son ADN », a-t-il déclaré.

Selon la tradition, un chrétien du nom de Marinus a fondé au quatrième siècle une communauté chrétienne qui est finalement devenue la ville-Etat de Saint-Marin.

« Tuer un enfant innocent est un acte grave, un crime », a-t-il conclu.