Saint Valentin, l’évêque et le franc-maçon

10 Octobre, 2022
Provenance: fsspx.news
Mgr Francesco Soddu et Stefano Bisi

La récente inauguration d’un temple maçonnique en présence de l’évêque de Terni-Narni-Amelia a causé stupeur et désarroi en Ombrie (Italie). Des liaisons dangereuses qui se multiplient depuis plusieurs années, oltretevere.

Une stupéfiante lune de miel entre l’évêque et le grand-maître… Un comble dans la ville natale de saint Valentin !

Stupéfiante, particulièrement pour les fidèles du diocèse de Terni, qui sont sans voix depuis le 27 septembre 2022, jour où leur évêque a participé, tout sourire, à l’inauguration du nouveau temple maçonnique érigé au cœur de sa bonne ville, en compagnie du grand-maître du Grand Orient d’Italie (GOI) Stefano Bisi.

Le séisme qui s’en est rapidement suivi a fait perdre son sourire à Mgr Francesco Soddu, poussant ce dernier à produire une – vaine – tentative de justification par la voie d’un communiqué publié sur le site de son diocèse.

On peut y lire : « En ce qui concerne l’ouverture de la nouvelle antenne du GOI à Terni, une lecture instrumentale, délibérément équivoque et mal comprise, de la présence de Mgr Soddu à cette circonstance suscite étonnement, perplexité et amertume.

« L’interprétation des faits, qui n’a même pas tenu compte du contenu de ce que l’évêque a dit, déforme totalement le sens de sa présence qui, sans s’identifier à un courant étranger à la doctrine chrétienne, a pour seul but de témoigner de la fidélité à l’évangile et à l’Eglise, surtout au moment de synodalité qui la caractérise. »

« Etonnement » et « perplexité » ? Deux euphémismes qui auront du mal à faire avaler aux catholiques de Terni les deux cents chefs d’excommunication dont l’Eglise a frappé la franc-maçonnerie depuis près de trois siècles…

Pour le « patron » du Grand Orient italien, interrogé par La Nuova Bussola Quotidiana, tout cela relève du passé : « Le temps des Croisades est derrière nous », explique Stefano Bisi qui précise combien l’article signé par le cardinal Gianfranco Ravasi, intitulé « A nos chers frères maçons » et paru le 14 février 2016, dans l’hebdomadaire Il Sole 24 ore, a fait bouger les lignes.

L’ancien président du Conseil pontifical pour la culture – qui vient d’atteindre la limite d’âge de 80 ans – énumérait alors de prétendues « convergences » entre l’Eglise et la franc-maçonnerie : « Une anthropologie fondée sur la liberté de conscience et d’intellect et sur l’égalité des droits, et un déisme qui reconnaît l’existence de Dieu, laissant toutefois mobiles les définitions de son identité. »

De plus, le haut prélat relativisait les condamnations portées par l’Eglise, estimant qu’elles « n’empêchaient pas le dialogue », et qu’il convenait de « surmonter l’attitude de milieux catholiques intégristes, lesquels, pour viser des membres de la hiérarchie qui n’ont pas l’heur de leur plaire, recouraient à l’arme de l’accusation d’une appartenance maçonnique ».

Une contribution vue par plusieurs observateurs comme le blanc-seing d’un prince de l’Eglise accordé aux évêques souhaitant travailler au « dialogue » entre catholiques et francs-maçons, quitte à augmenter un peu plus la confusion, si besoin était.

Ainsi, au fil des mois et des années, plusieurs diocèses – Gubbio, Massa Marittima, Bolzano, Pinerolo, Syracuse, Arezzo, Ravenne et maintenant Terni – sont allés dans ce sens.

Mgr Soddu se mure désormais dans le silence : de quoi méditer sur sa généalogie épiscopale, puisque l’actuel évêque de Terni compte un certain saint Pie X dans l’auguste lignage des pontifes qui lui ont imposé les mains. Ironie du sort ou clin d’œil de l’Histoire ? Ou plus simplement un appel pressant à « tout restaurer dans le Christ »…