Sanglant automne pour l’Ouganda

29 Novembre, 2021
Provenance: fsspx.news
Parlement de l’Ouganda

Plusieurs attaques terroristes revendiquées par l’organisation djihadiste Etat islamique (EI) viennent d’endeuiller la capitale de l’Ouganda. Depuis plusieurs mois, le pays, majoritairement chrétien, est devenu la cible de la terreur islamiste.

« A Kampala, la situation est très tendue, il a été demandé aux habitants d’éviter le centre-ville et de rester chez eux si possible. Les forces de sécurité tentent de reprendre le contrôle de la situation, mais la crainte d’une escalade et d’un bain de sang grandit », témoigne Sœur Lilly Driciru, des Soeurs missionnaires de Marie Mère de l’Eglise.

La religieuse a livré le 17 novembre 2021 à l’agence Fides son témoignage sur les attentats qui avaient ensanglanté la veille la capitale ougandaise. Son récit fait état de plusieurs explosions déclenchées « près du commissariat de police et du Parlement ».

En effet, à 10h, le 16 novembre dernier, les caméras de surveillance montrent un homme portant un sac à dos déclencher une bombe à proximité du commissariat central. L’explosion a atteint un rayon de 30 mètres, touchant le portail d’entrée du poste de police.

Trois minutes plus tard, un second engin explosif, transporté par deux hommes se faisant passer pour des motos-taxis, explose à son tour juste en face du ministère de l’information, rue du Parlement.

Plus inquiétant, le porte-parole de la police, Fred Enanga, affirme qu’un quatrième attaquant a également été arrêté par les forces de l’ordre qui ont retrouvé un engin explosif à son domicile.

Car c’est bien la terreur que les djihadistes utilisent comme arme de déstabilisation : « il y a quinze jours, la police a intercepté et désamorcé 47 bombes et évité des dégâts incalculables, mais dans le même temps, les citoyens se demandent ce qui se passe et comment une attaque aussi grave a pu se produire juste devant la police et devant le Parlement. La peur se répand rapidement », poursuit Sœur Lilly Driciru.

Un peu plus tôt encore, le 23 octobre dernier, deux explosions tuaient une femme et blessaient plusieurs passagers d’un autobus, en périphérie de la capitale, cette fois-ci.

Des actions revendiquées par le groupe Allied Democratic Forces (ADF), une succursale de l’organisation Etat islamique, qui serait responsable à elle seule de la mort de plusieurs milliers de civils dans la partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC).

Depuis avril 2019, certaines attaques des ADF sont endossées par l’EI, qui désigne ce groupe comme sa « province d’Afrique centrale ». En mars, les Etats-Unis les ont officiellement déclarées affiliées à l’EI.

« Il est de plus en plus clair que les ADF recentrent leur attention sur l’Ouganda », analyse pour l’AFP Kristof Titeca, spécialiste de ce groupe armé à l’Université d’Anvers (Belgique), évoquant « une influence accrue des éléments djihadistes au sein des ADF ces deux dernières années ».

Une façon de punir l’Ouganda pour sa participation à la lutte armée de l’Union africaine en Somalie, contre les milices islamistes d’Al-Shabaab.

« Heureusement, nous sommes un pays chrétien et les gens ont encore l’espoir et la foi, ce qui nous donne la force de continuer. La foi et la prière sont un havre de paix pour nous », affirme quant à elle, sereine, Sœur Lilly Driciru.