Sauver l’hôpital catholique : le pari du pape François

16 Octobre, 2021
Provenance: fsspx.news
Dans une salle de chirurgie de Québec, vers 1939

Le pape François vient de créer une nouvelle entité chargée de sauver les hôpitaux catholiques, dont la situation financière a été rudement mise à mal en 2020 et 2021, en raison de la pandémie de Covid-19. Six mille établissements de soins sont concernés dans le monde entier.

Faire face à la situation financière difficile des hôpitaux catholiques : une tâche vertigineuse déjà signalée en 2010 par le cardinal Tarcisio Bertone, alors secrétaire d’Etat, qui envisageait de racheter les établissements en difficulté. Un projet qui n’a jamais abouti.

Depuis, la crise sanitaire de la Covid-19 est passée par là, fragilisant un peu plus les hôpitaux catholiques qui risquent de mettre la clé sous la porte, et d’être rachetés par des entités privées ou publiques, parfois moins sourcilleuses de dispenser des soins conformes à la morale catholique.

Une nouvelle fondation vaticane à la recherche de mécénat

C’est pour cette raison que le pape François vient d’ériger canoniquement, par un chirographaire rendu public le 6 octobre 2021, la Fondation catholique pour la santé, un organisme qui doit « offrir un soutien financier aux structures de santé liées à l’Eglise », explique le pontife romain.

La nouvelle Fondation vaticane, poursuit-il, est une « entité liée au Saint-Siège » placée directement sous la tutelle de l’Administration du Patrimoine du Siège Apostolique (APSA).

C’est à Mgr Nunzio Galantino, actuel président de l’APSA, qu’il revient donc de diriger la nouvelle Fondation.

Le rôle du prélat consistera à « soutenir et relancer les structures de santé d’une part, et trouver parmi les bienfaiteurs privés et les institutions publiques et privées, les ressources financières nécessaires, d’autre part, en effectuant toutes sortes d’opérations autorisées par la législation du pays où sont situés les établissements de santé, dans le respect de la doctrine sociale et de la durabilité économique », précise le chirographe pontifical.

« Nous essaierons d’éviter les risques financiers », a déclaré Mgr Galantino à Vatican News, « car, même s’ils ne le souhaitent pas, les hôpitaux catholiques peuvent contribuer à transmettre une idée élitiste des soins de santé, réduisant les espaces de soins offerts à chacun et pour toutes les personnes », a ajouté le prélat.

Le nouveau directeur de la Fondation catholique pour la santé a du pain sur la planche : il existe plus de 6 000 hôpitaux catholiques dans le monde, dont 102 en Italie, principalement dans le nord, en Lombardie et dans le Latium.

La nouvelle Fondation absorbe les fonctions de l’ancienne Commission pontificale pour les activités du secteur de la santé des personnes morales publiques de l’Eglise, établie en 2015 par l’actuel secrétaire d’Etat, le cardinal Pietro Parolin.

Elle avait été renouvelée en juin 2020 avec une échéance en juin 2023 : c’était sans compter les impatiences du pontife romain dans les réformes et les nécessités du moment.