Sri Lanka : l’ultimatum du cardinal au président

24 Juillet, 2021
Provenance: FSSPX Spirituality
Le cardinal Malcolm Ranjith, avec l’ancien président Mahinda Rajapaska, frère de l’actuel président

La Conférence des évêques du Sri Lanka a donné un mois à l’exécutif pour faire pleinement la lumière sur les sanglants attentats islamistes qui ont durement frappé la minorité catholique au matin de Pâques, le 21 avril 2019.

Le Comité national catholique pour la justice aux victimes ne décolère plus devant l’inaction des autorités sri lankaises, au point d’envoyer au mois de juillet 2021 un ultimatum au chef de l’Etat, Gotabaya Rajapaksa : si ce dernier ne fournit pas, d’ici un mois, « une réponse crédible » à la lettre que l’épiscopat lui a envoyée, les catholiques seront forcés de trouver « d’autres moyens d’action afin d’être entendus ».

« Le peuple a le droit de connaître la vérité derrière les attaques du dimanche de Pâques, et c’est la responsabilité du gouvernement de l’exposer au pays immédiatement », a insisté le cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo et président de la conférence épiscopale, lors d’une conférence de presse organisée le 13  juillet dernier dans la capitale, en présence de plusieurs évêques de l’île.

L’épiscopat exige également des poursuites immédiates à l’encontre des quarante-deux suspects interpelés : « cela fait maintenant vingt-six mois que les attentats du 21  avril 2019 ont eu lieu. Et à ce jour, cinq mois se sont écoulés depuis la présentation du rapport final de la Commission présidentielle nommée pour enquêter », rappellent les prélats du pays.

« Nous nous demandons pourquoi ceux qui sont au pouvoir retardent ou négligent leurs devoirs concernant les recommandations de la Commission d’enquête présidentielle, qui a coûté plusieurs millions de roupies », insistent-ils.

Dans leur lettre de dix-sept pages, les évêques sri lankais préviennent encore de ne pas se limiter à poursuivre les coupables impliqués de façon marginale, mais de trouver et de faire condamner les commanditaires : sinon, « ce serait-là un crime grave et un déni de justice envers les 269 innocents qui ont été assassinés par ces attaques meurtrières, un affront fait à leurs proches endeuillés par leurs décès, et aux plusieurs milliers de personnes rendues handicapées à cause de leurs blessures. Ce serait aussi une menace sérieuse envers la sécurité nationale », ont-ils alerté.

Et le ton des prélats de se faire plus combatif : si le gouvernement ne sort pas de sa « léthargie », alors « nous serons forcés d’agir autrement », assurent-ils.

Un ultimatum qui devrait faire réfléchir le chef de l’Etat : depuis les attentats d’avril 2019, le poids moral et politique de l’Eglise en général – et de l’archevêque de Colombo en particulier – n’a cessé de croître sur l’île.