Suisse : diverses nuances de rose

13 Octobre, 2021
Provenance: fsspx.news
L’Hospice du Grand Saint-Bernard, sur la commune de Bourg-Saint-Pierre

Si aucun canton suisse ne s’est opposé, le 26 septembre 2021, à la possibilité offerte aux couples homosexuels de contracter un mariage civil, et aux couples de femmes d’accéder à la procréation, des disparités existent bel et bien dans les résultats du scrutin, canton par canton.

Un des premiers enseignements du scrutin du 26 septembre dernier, c’est le « oui » franc et massif des grands centres urbains, notamment en Suisse alémanique protestante : ainsi, les villes de Bâle, Berne et Zürich ont voté à plus de 75 % en faveur du mariage pour tous.

A l’inverse, en Suisse romande notamment, les communes situées en zone de montagne affichent le taux de rejet le plus élevé, tant dans les Alpes que dans le Jura.

Les cantons traditionnellement catholiques apparaissent également moins favorables à la transgression morale : dans le Tessin, on a voté « non » à 47,1 %. De même en Valais, à 44,5 %, ce qui en fait le canton de Suisse romande avec le taux de « non » le plus élevé.

En Appenzell Rhodes-Intérieures, autre canton catholique, le « oui » l’emporte certes, mais à 50,8 %, alors que la moyenne est de 64% sur le territoire de la Confédération.

On trouve encore une certaine réticence au mariage homosexuel, quoique moins importante, dans le canton historique de Schwyz.

A l’inverse, le refus est moindre dans les cantons traditionnellement protestants : dans ceux de Neuchâtel, Genève, Vaud, et Berne, le « non » s’établit respectivement à 35 %, 34,9 %, 36,6 % et 34,8 %.

Dans le Tessin, une commune résiste à l’invasion de l’idéologie progressiste : il s’agit de Bedretto, où le « non » atteint 75 %. Mais elle ne compte qu’une centaine d’habitants.

Mention spéciale en Suisse romande où le taux de « non » le plus élevé s'est exprimé dans la commune valaisanne de Bourg-Saint-Pierre (73,4 %), une zone traditionnellement catholique, là encore. Cette commune abrite le célèbre hospice du Grand Saint-Bernard. Elle réunit environ deux cents habitants.

A noter : le cas du Jura bernois, où le « non » a été important, en raison de l’influence du courant protestant dit « évangélique » qui professe une opinion plus tranchée sur la question du « mariage homosexuel » que celle des autres confessions protestantes, libérales en la matière.

Opposition entre villes et zones montagneuses, influence résiduelle de la religion catholique – qui n’a pas été galvanisée par la timide prise de position, peu lisible, de l’épiscopat suisse contre le mariage homosexuel – persistance du courant protestant évangélique : autant de facteurs qui permettent de comprendre la carte des résultats du référendum du 26 septembre dernier.

Et pour conclure, dans la Confédération helvétique comme ailleurs en Europe, le mouvement de sécularisation avance, sans parvenir à gommer encore quelques résistances locales qui tiennent encore. Mais pour combien de temps ?