Trente-six ans après, le souvenir vivant de l’abbé Popieluszko

28 Octobre, 2020
Provenance: fsspx.news
L'abbé Popieluszko. En arrière plan, Gdansk et la croix commémorative de son supplice.

La Pologne s’est rappelée, le 19 octobre 2020, des supplices endurés il y a tout juste trente-six ans par l’abbé Jerzy Popieluszko, l’un des nombreux martyrs du communisme que compte le pays. Une messe d’anniversaire des événements a été célébrée dans la capitale polonaise.

Dans l’église Saint-Stanislas-Kotska, l’émotion est palpable en cette fin d’après-midi du 19 octobre 2020, trente-six ans jours pour jours après le martyre enduré par l’abbé Jerzy Popieluszko, de la main de ses bourreaux communistes.

Mgr Piotr Jarecki, évêque auxiliaire de Varsovie, célèbre une messe solennelle qui, en raison de l’épidémie de Covid-19, se déroule en présence d’une poignée de fidèles, notamment des membres de la famille et des amis du prêtre, ainsi que des représentants de l'Etat polonais.

C’est à l’âge de dix-huit ans que Jerzy Popieluszko, jeune homme issu d’une famille modeste de paysans, entre au grand séminaire de Varsovie.

Durant ses deux années de service militaire, le jeune lévite mène ses premiers combats contre les nombreuses et subtiles pressions psychologiques exercées contre lui, afin de lui faire abjurer la foi de ses parents. Sorti grandi de l’épreuve, il reçoit l’ordination sacerdotale des mains du cardinal Stefan Wyszynski, en 1972.

En août 1980, après le premier voyage du pape Jean-Paul II en Pologne, de nombreux travailleurs catholiques entament des grèves contre le régime communiste.

Dans les chantiers navals de Gdansk, sous la conduite de Lech Walesa, chef du syndicat Solidarnosc, les ouvriers demandent à l’archevêque de Varsovie un prêtre pour leur célébrer la messe : c’est l’abbé Popieluszko qui est désigné.

Rapidement, il se fait remarquer au cours des fameuses « Messes pour la Patrie », célébrées le dernier dimanche du mois. Instaurées en octobre 1980, elles furent reprises par l’abbé Popieluszko à partir de février 1981. Elles étaient très populaires et rassemblaient des foules, y compris des incroyants.

Le 13 décembre 1981, la loi martiale est promulguée par le général Jaruzelski, le maître de la Pologne, qui n’est rien d’autre qu’un satellite de Moscou.

Varsovie est occupée par des chars. Les grèves sont brutalement réprimées. L’abbé Popieluszko dénonce alors le régime à travers des homélies diffusées dans tout le pays. Ces prédications faisaient enrager les communistes.

Le point de non-retour est atteint : le prêtre est intimidé, surveillé, traqué. Les campagnes de diffamation se multiplient à son encontre : « un prêtre qui célèbre des messes de la haine », « tu seras pendu, tu seras crucifié », peut-on lire dans une presse alors aux mains des rouges.

Refusant de céder à la peur et d’abandonner le troupeau qui lui a été confié, Jerzy Popieluszko rassure son évêque qui souhaite le transférer à Rome, pour plus de sécurité : « je me suis consacré, je ne me retirerai pas. Je n’ai plus peur, je suis prêt à tout ».

Le 19 octobre 1984, alors que le prêtre récitait le saint Rosaire, il est brutalement enlevé par trois agents des services secrets communistes polonais. Une nuit de torture devait suivre. Son corps fut retrouvé onze jours plus tard, noyé dans un lac de retenue. L’autopsie révéla qu’il a été jeté encore vivant dans l’eau. Il avait 37 ans.