Un épiscopat mimétique

14 Mai, 2021
Provenance: fsspx.news
Cathédrale d’Anvers

Mgr Johan Bonny est évêque d’Anvers, en Belgique.

Après la réponse de la Congrégation pour la doctrine de la foi rappelant que l’Eglise ne peut bénir les unions entre personnes de même sexe (15 mars 2021), il a déclaré au quotidien néerlandophone De Standaard du 17 mars : « Je ressens de la honte par procuration pour mon Eglise ».

Il a ajouté : « Je tiens à m’excuser auprès de tous ceux pour qui cette réponse est douloureuse et incompréhensible : les couples homosexuels engagés fidèles et catholiques, les parents et grands-parents de couples homosexuels et leurs enfants, le personnel pastoral et les conseillers des couples homosexuels. Leur douleur pour l’Eglise est la mienne aujourd’hui. »

Mgr Bonny peut maintenant se sentir compris et soutenu par sa base. Au cours d’une conférence organisée par l’hebdomadaire britannique The Tablet, le 28 avril, il a assuré qu’en raison de cette interdiction, près de 700 personnes, dont une majorité de jeunes, avaient quitté fin mars les paroisses de son diocèse et que près de 2000 personnes avaient demandé « l’annulation » de leur baptême dans les registres des diocèses flamands de Belgique.

Que n’en fait-il autant ?

C’est qu’il pense être catholique, parce que, dit-il, cette interdiction romaine « n’est pas du tout en phase avec Amoris lætitia », l’exhortation du pape François qui autorise la communion aux divorcés remariés au cas par cas.

Il regrette que la Congrégation romaine ne tienne pas compte de ce que les sciences humaines disent aujourd’hui de la sexualité dans la société civile, alors que de nombreux pays ont légalisé le mariage ou le partenariat civil pour les couples de même sexe.

Au fond, Mgr Bonny pense comme le monde post-moderne. Il sent et ressent ce que ce monde déchristianisé sent et ressent. Il est « en phase » avec lui. Il l’imite. Et ce mimétisme docile prêche un évangile mondain, insipide : « si le sel s’affadit, avec quoi lui rendra-t-on sa saveur ? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes. » (Mt 5, 13)

Mgr Bonny veut plaire et a peur de déplaire. Il s’adapte à l’esprit ambiant, il l’adopte. Après tant d’ouvertures prétendument pastorales, que reste-t-il sous cette mitre ? Du vent ! Ce vent qui fait tourner les moulins à paroles « politiquement correctes ».

Ainsi la « grande peur des bien-pensants » devient-elle, de compromis en compromissions, la grande vacuité des rien-pensants.

Abbé Alain Lorans