Un Français à la tête de la « banque du Vatican »

01 Août, 2014
3-Jean-Baptiste-de-FranssuLe Français Jean-Baptiste de Franssu, a remplacé, le 9 juillet dernier, l'Allemand Ernst von Freyberg à la tête de l'IOR, la « banque du Vatican ». Lors d'une conférence de presse commune qui s’est tenue au Saint-Siège le même jour, ils ont chacun souligné la « continuité » de leurs mandats. Le financier français, âgé de 51 ans est chargé de mener « la phase 2 » de la réforme engagée au printemps 2013 par l'industriel allemand. Sous le mandat d’Ernst von Freyberg qui avait pris ses fonctions en février 2013, les quelques 19.000 comptes initiaux de la banque, soupçonnés de participer au recyclage d'argent sale, y compris de la mafia, ont été épluchés. Fin juin, il n'y avait plus que 15.495 comptes à l'IOR, selon le journal allemand Die Zeit, cité par latribune.fr le 9 juillet dernier. Selon ce même site, Jean-Baptiste de Franssu a promis que seuls « les investissements éthiques » pourront transiter par l'IOR et qu'il examinerait dans un délai de 24 mois la gestion des avoirs de la banque. Avant de prendre possession de ses nouvelles fonctions, Jean-Baptiste de Franssu présidait la société Incipit, cabinet de conseil et de stratégie dans le domaine des fusions-acquisitions établi à Bruxelles dont il est le fondateur. Il est également administrateur indépendant au sein de Carmignac Gestion, l’une des principales entreprises européennes de gestion d’actifs. Catholique pratiquant, marié et père de 4 enfants, il est aussi administrateur de l’Alliance mondiale de la jeunesse, association qui intervient auprès des Nations Unies, du Parlement européen et d’institutions gouvernementales en Afrique et en Asie pour défendre la famille. Avec le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, il était l’un des deux Français nommés par le pape François parmi les 15 membres du Conseil de l’économie, le 8 mars dernier. Il faisait auparavant partie de la commission créée en juillet 2013 pour analyser les structures administratives et financières du Vatican. Interrogé par la radio française Europe 1 le 9 juillet 2014, il a affirmé que l’objectif de l’IOR est « notamment de gagner de l’argent mais ce n’est pas une entreprise commerciale comme toute autre, c’est un institut qui est là pour servir le Saint-Siège ». Le même jour, sur le site internet de Radio Vatican, Jean-Baptiste de Franssu a souligné les spécificités de ce que certains appellent, « à tort » selon le nouveau président, la « banque » du Vatican : « Je rappelle que nous ne sommes pas une banque à l’IOR. On dit souvent ‘la banque’ mais statutairement, nous ne sommes pas une banque. » Le financier français a indiqué que si l’IOR devait bien s’aligner sur les règles financières internationales, l’objectif final est surtout de « rendre service aux institutions du Saint-Siège qui ont besoin de communiquer, de faire des transactions avec le monde extérieur. Il nous faut un établissement équivalent à une banque qui nous permette de faire ces transactions. » Dans ce même entretien, le nouveau président a rappelé l’importance pour le Vatican de disposer d’un établissement financier porteur de valeurs et de foi : « Tous les produits que nous allons développer pour rendre service, pour répondre aux attentes des clients, seront centrés autour de notre foi, autour de valeurs très fortes qui font que les diocèses et les congrégations qui viendront vers nous et nous confieront leur argent sauront que tout ce qui a été fait, l’a été ‘dans une étroite communion’, si je puis dire ». (Sources : apic/radio vatican/latribune.fr/lefigaro.fr – DICI n°299 du 01/08/14) Lire également : Vatican : La « Banque du Vatican » est reconduite Les réformes de la banque du Vatican Crises à répétition au sein de la banque du Vatican Vatican : La banque du Vatican publiera son bilan sur Internet Un nouveau président à la tête de l´Institut pour les Œuvres de Religion Moneyval publie son premier rapport d’évaluation sur le Vatican Le président de la Banque du Vatican limogé