Un résultat inattendu du synode sur la synodalité

24 Mai, 2022
Provenance: fsspx.news
Cathédrale Saint-Pierre de Vannes

Les bonnes nouvelles sur le synode mondial en préparation dans les diocèses, le synode sur la synodalité, ne sont pas légion. Il n’est donc pas inintéressant de relever ce résultat signalé dans le diocèse de Vannes par le site Riposte catholique.

Le diocèse de Vannes, dans le département du Morbihan, en Bretagne, a publié son rapport après la clôture de la phase diocésaine du Synode des évêques. Il signale qu’il existe un fossé générationnel : les jeunes veulent une meilleure liturgie et plus de clarté doctrinale ; ainsi qu’une génération perdue : les personnes âgées de 40 à 60 ans, qui n’ont pas participé au processus.

Le rapport constate ainsi « la forte existence d’un fossé générationnel dans notre diocèse. Nous avons identifié une pierre d’achoppement dans les réponses aux synthèses préparatoires : les attentes des différentes générations ne sont pas les mêmes.

« Les générations plus âgées ont tendance à critiquer l’Eglise, ses rites, son caractère sacré, son sacerdoce ou sa tenue cléricale, tandis que les jeunes générations exigent plus de transcendance, de clarté doctrinale et de visibilité du clergé.

« Entre autres exemples, nous avons la liturgie, où les retraités pensent pouvoir attirer les jeunes en excluant le sacré ou la langue latine, alors que de jeunes lycéens nous ont fait part de leur désir de pouvoir choisir entre la messe en latin et la messe en français. »

Si l’on se base sur ce rapport, les personnes nées entre 1962 et 1982 représentent une génération perdue : autrement dit la génération du Concile, celle qui a reçu de plein fouet la crise générée par cette « troisième guerre mondiale » comme la décrivait Mgr Marcel Lefebvre.

Les personnes nées avant 1962, qui ont participés au Concile, qui l’ont vécu, sont les plus critiques vis-à-vis de l’Eglise, et sont prêtes à se débarrasser du sacré et de la doctrine sans plus d’état d’âme. N’en déplaise aux rapporteurs, ce n’est plus une génération perdue, mais une génération sacrifiée.

Les plus jeunes, ceux qui souffrent de cette situation, et qui ont des aspirations à une vie chrétienne plus authentique, représentent, il faut l’espérer, les prémices d’un retour à la foi véritable et au sacré, celui qui peut combler la soif de l’homme.

Une autre constatation est également encourageante selon le texte du rapport : « L’utilisation de l’habit clérical ou la place des femmes semblent être des questions importantes pour nos aînés, mais la réponse des jeunes participants – enfants, étudiants, travailleurs – est qu’ils ne s’en soucient pas.

« Les femmes sont très présentes dans l’Eglise : sacristines, animatrices, catéchistes, choristes, organistes, femmes au foyer, fleuristes. “Nous souffrons dans l’Eglise de l’écrasement de toutes ces femmes”, a écrit une participante. Les anciens, dont beaucoup ont participé au synode, pensent à l’Eglise de demain pour les jeunes sans percevoir pleinement leurs besoins et leurs attentes.

« Cette situation anachronique est inquiétante. Malheureusement, dans nos assemblées, les jeunes et les vieux se mélangent difficilement et n’échangent donc pas leurs points de vue, probablement parce que l’absence d’une génération parmi eux est perceptible (les 40-60 ans sont rarement ou pas du tout présents). »

Ce qui montre que cette génération sacrifiée est tellement imprégnée de l’influence du monde, qu’elle ne peut considérer l’Eglise que sous un prisme déformant. Il est quelque peu encourageant de voir la jeunesse y être moins sensible et comprendre d’instinct certaines déformations.

Enfin le rapport reconnaît que l’Eglise, dans le diocèse, « est devenue la propriété des personnes âgées » qui ont « peur d’être évincées par de nouveaux arrivants », en particulier par de jeunes familles : la génération révolutionnaire veut jalousement garder le pouvoir pour pérenniser un chamboulement contesté par la génération montante. Serait-ce du cléricalisme ?