Un tribunal mexicain confirme la condamnation de deux ecclésiastiques

24 Janvier, 2022
Provenance: fsspx.news
Le cardinal Juan Sandoval Iñiguez

Selon la Cour, il est interdit aux ministres du culte au Mexique « de faire du prosélytisme pour ou contre un parti politique, une candidature ou une association politique, afin de sauvegarder les principes du système démocratique mexicain ».

L’époque où les prêtres et les religieux étaient privés de droits politiques au Mexique semblait révolue.

Toutefois, la Chambre supérieure du Tribunal électoral du pouvoir judiciaire de la Fédération du Mexique (TEPJF) a confirmé la condamnation d’un cardinal et d’un prêtre pour avoir encouragé un vote catholique en faveur de la défense de la vie, de la famille et du bien commun, dans le cadre des élections fédérales de 2021.

Séparation constitutionnelle de l’Eglise et l’Etat

Comme le rapporte David Ramos de l’agence ACI, lors de la séance du 19 janvier 2022, par trois voix contre une, la Chambre supérieure du TEPJF a jugé que l’archevêque émérite de Guadalajara, le cardinal Juan Sandoval Íñiguez, et le père Mario Ángel Flores Ramos, ex-recteur de l’Université pontificale du Mexique (UPM), ont transgressé le « principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat ».

Le président de la Haute Cour a rappelé qu’il est « spécifiquement » interdit aux ministres du culte « de faire du prosélytisme pour ou contre un parti politique, une candidature ou une association politique, afin de sauvegarder les principes du système démocratique mexicain ».

Cet arrêt confirme partiellement la décision de novembre 2018 de la chambre spécialisée du TEPJF, qui a condamné le cardinal Sandoval et le père Flores Ramos, ainsi que l’archevêque primat du Mexique, le cardinal Carlos Aguiar Retes, l’évêque de Cancún-Chetumal, Mgr Pedro Pablo Elizondo Cárdenas, et le père Ángel Espinosa de los Monteros, de la congrégation des Légionnaires du Christ.

La décision de la Chambre Supérieure annule la sanction précédemment imposée par la chambre spécialisée à l’encontre de l’évêque Elizondo Cárdenas, puisque dans son message « il n’est pas possible d’identifier une force politique spécifique à qui il était destiné de bénéficier ou de nuire ».

Mais, ni dans la session du 19 janvier de cette année, ni dans le communiqué publié par le TEPJF, il n’est fait mention des cas du cardinal Aguiar Retes ou du père Espinosa de los Monteros.

La procédure contre les évêques et les prêtres mexicains a été ouverte à la suite de plaintes déposées par des députés du parti Morena du président mexicain Andrés Manuel López Obrador, surnommé AMLO, bien que le groupe politique ait ensuite retiré ses plaintes.

Des mises en garde peu goûtées des politiques

Le cardinal Sandoval avait appelé, le 1er juin 2021, à ne pas voter pour ceux qui sont « au pouvoir », car « la dictature arrive ou la liberté sera perdue parce que c’est un système communiste, socialiste, qui asservit ». Il avait aussi déclaré que, dans ce processus électoral, « la famille était également en jeu, le bien de la famille et de la vie, car ce gouvernement a adopté l’idéologie du genre ».

Le père Flores était visé pour une conférence dans laquelle il demandait de « ne pas donner plus de pouvoir à ceux qui n’ont pas su l’utiliser pour le bien commun » et de « ne pas donner plus de confiance à ceux qui se consacrent à diviser, pas à unir, pas à développer ».

Le TEPJF a déclaré que les deux ecclésiastiques « avaient sans équivoque l’intention d’inciter les gens à voter contre une option politique et que ces actions étaient menées par le biais des réseaux sociaux, c’est-à-dire des médias de masse ». La sanction a été confiée au ministère de l’Intérieur : elle pourrait aller d’une simple réprimande à une amende de trois millions de pesos (150 000 dollars).