Un vent d’Est souffle pour la diplomatie vaticane

09 Novembre, 2021
Provenance: fsspx.news
Le président Armen Sarkissian et Mgr Edgar Peña Parra

A l’Est, rien de nouveau ? Pas, en tout cas, du côté de la diplomatie pontificale : après la visite de Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, à Moscou, le 9 octobre 2021, c’est au tour du substitut pour les affaires générales de la secrétairerie d’Etat, Mgr Edgar Peña Parra, de se rendre en Arménie pour une visite très politique.

Le 29 octobre 2021, le haut diplomate, tout sourire, remettait les insignes du grand collier de l’Ordre pontifical de Pie IX, au président de la République arménienne, Armen Sarkissian, à Erevan, capitale de l’Arménie.

L’Ordre de Pie IX a été créé le 17 juin 1847, par Bulle du pape du même nom, afin de récompenser les actions distinguées et les marques d’un dévouement spécial au Saint-Siège.

Une récompense qu’Armen Sarkissian n’a pas volée, lui qui fut le premier ambassadeur d’Arménie près le Saint-Siège, et qui vient de permettre l’ouverture d’une nonciature dans la capitale, la première dans l’histoire du pays.

« Le pape m’a chargé de vous remettre la plus prestigieuse décoration du Vatican », a déclaré Mgr Parra.

« C’est un témoignage des relations uniques existant entre nos pays. En ouvrant une nonciature apostolique à Erevan, nous voulons établir des relations de haut niveau et montrer au monde l’importance de la première nation chrétienne de l’histoire à nos yeux », a ajouté le diplomate romain, lors de la cérémonie de remise du grand collier de l’Ordre de Pie IX.

Le chef de l’Etat arménien n’était pas peu fier d’être le premier, dans son pays, à être gratifié d’une telle distinction : « je l’accepte comme une appréciation de mon travail modeste et aussi comme une reconnaissance du fait que j’ai été le premier ambassadeur d’Arménie près le Saint-Siège.

« J’ai toujours travaillé pour les relations étroites entre l’Arménie et le Vatican. Par conséquent, j’accepte cela, promettant d’en faire plus », a assuré Armen Sarkissian.

Déjà, le 11 octobre dernier, l’homme qui préside la petite république parlementaire fragilisée par sa récente défaite contre l’Azerbaïdjan et la Turquie, était reçu au Vatican par le souverain pontife, qui avait exprimé : « la satisfaction quant au développement et au renforcement des relations bilatérales entre le Saint-Siège et l’Arménie, pays d’ancienne tradition chrétienne ».

En tout cas, c’est l’un des alliés les plus indéfectibles de Vladimir Poutine que le Vatican vient d’honorer, quelques jours après la visite du numéro trois de la secrétairerie d’Etat à Moscou, où celui-ci a pu s’entretenir avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.

Le Saint-Siège ne cache plus voir dans la Russie un facteur de paix et de stabilité dans la région, à un moment où le poids des Etats-Unis vient de subir plusieurs revers diplomatiques dans le monde.