Une page se tourne pour le chapitre de Saint-Pierre

03 Septembre, 2021
Provenance: fsspx.news
Le cardinal Mauro Gambetti le jour de son intronisation

La réforme du chapitre de la basilique Saint-Pierre vient d’être approuvée par le pape François : pouvoirs de gestion quasi inexistants, diminution drastique des messes… L’heure des vaches maigres a sonné pour l’une des plus vénérables institutions du Vatican.

Oltretevere, plus d’un prélat doit s’y faire : l’heure est aux « RGV », les réformes à grande vitesse. Au point qu’il se murmure que la fin du règne du pontife argentin serait proche, rumeur démentie par le principal intéressé, le 30 août 2021, comme FSSPX.Actualités s’en est fait l’écho.

Après l’abrogation du motu proprio Summorum Pontificum en juillet dernier, qui, aux yeux de beaucoup, semble marquer la liquidation en bonne et due forme de l’héritage du pape Benoît XVI, c’est la réforme du chapitre de Saint-Pierre que l’actuel pontife romain entend désormais accélérer.

Cette vénérable institution a été créé en 1043 par le pape saint Léon IX, dans le but de garantir la prière régulière dans la basilique Saint-Pierre et d’assister le successeur de Pierre dans la gestion des biens patrimoniaux donnés à la papauté, y compris les biens immobiliers.

A partir du pontificat du Pape Eugène IV (1145-1153), le chapitre se transforme progressivement en une communauté autonome, passant d’une structure monastique à une structure canonique, d’où le nom de chanoines que prirent alors ses membres.

Mais aujourd’hui, le chapitre de Saint-Pierre a contre lui d’être jugé trop peu ouvert à l’esprit de réforme, au goût de ceux qui ont l’oreille de l’hôte de Sainte-Marthe.

Une série de réformes en salve

Premier coup de tonnerre en mars dernier : la secrétairerie d’Etat, ignorant celui qui exerçait pour quelques jours encore la fonction d’archiprêtre au sein du Chapitre, le cardinal Angelo Comastri, publie une circulaire qui limite les messes individuelles entre sept heures et neuf heures du matin, et seulement sur deux autels de la basilique Vaticane.

La messe de toujours se trouve, quant à elle, reléguée dans la chapelle Pauline. Désormais, la concélébration devient la règle.

A Rome, plus d’un vaticaniste y voit la signature du cardinal Beniamino Stella, préfet émérite de la Congrégation pour le clergé, un proche du pape François, membre du fameux groupe de Saint-Gall qui s’est particulièrement distingué par son activité lors du conclave de 2013.

Afin de faire appliquer des nouveautés justifiées au nom de « la mise en valeur du service liturgique et pastoral des chanoines dans la basilique », il fallait réorganiser le chapitre.

Au début de la dernière Semaine Sainte, le cardinal Comastri a cédé la place à un franciscain, le cardinal Mauro Gambetti, gardien du Sacré Couvent d’Assise, un homme acquis aux réformes.

Mais depuis le 28 août dernier, c’est le chapitre lui-même qui se trouve bousculé, le pape argentin ayant approuvé une série de normes qui doivent entrer en vigueur le 1er octobre prochain, pour une durée d’un an, le temps que les statuts juridiques du chapitre soient révisés.

Sous prétexte de réduire les dépenses du chapitre, sa gestion financière est placée sous la tutelle de la Fabrique de Saint-Pierre, le bureau qui gère la basilique Vaticane, remanié en mars dernier.

Désormais, les membres du chapitre auront chacun une fonction propre : soit celle de chanoine proprement dit, afin d’assurer « le service d’animation liturgique et pastorale » de la basilique, soit celle de coadjuteur.

Les coadjuteurs « travailleront aux célébrations liturgiques, aux travaux pastoraux et à d’autres tâches qui pourront leur être confiées par l’archiprêtre conjointement avec le chapitre ».

Le pape François a également transféré une partie notable des activités économiques du chapitre, le Musée du Trésor, et la vente d’objets religieux, à la gestion de la Fabrique de Saint-Pierre.

Le chapitre continuera à administrer les rares biens immobiliers et financiers encore sous sa gestion : sachant qu’une grande partie de son patrimoine a déjà été transférée sous l’Administration du patrimoine du Siège Apostolique (APSA).

Enfin, comme prévu, la réforme du chapitre s’accompagne de celle de l’agenda liturgique de la basilique. Car, depuis la limitation drastique des messes privées dans la partie supérieure de la basilique en mars dernier, le cardinal Mauro Gambetti, veut aller plus loin : c’est pour cela qu’il a été choisi.

Le nouvel archiprêtre, animé d’un esprit « franciscain » – compris dans le sens d’un appauvrissement, d’un affaissement général, et non dans celui de pauvreté spirituelle – souhaite qu’il n’y ait plus que deux concélébrations par jour, en italien, diffusées par le service de communication du Vatican.

Dans les couloirs du palais apostolique, on chuchote que le chapitre de Saint-Pierre a désormais l’allure d’un roi nu, et que ses chanoines devront se contenter d’être les cicerones modernes d’un musée privé des grâces des nombreuses messes célébrées quotidiennement avec ferveur depuis tant de siècles.