Vatican : les femmes victimes des conditions de la pandémie de Covid-19

12 Août, 2022
Provenance: fsspx.news
Présentation du rapport de l’OMF avec le cardinal Ouellet

Le 14 juin 2022, le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques et président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, s’est adressé aux membres de l’Observatoire mondial des femmes (OMF), lors de la présentation du premier rapport de l’OMF à Rome.

L’Observatoire a été créé en juin 2021, par l’Union mondiale des organisations féminines catholiques (UMOFC), pour « donner de la visibilité aux femmes, notamment les plus vulnérables, dont les souffrances et le potentiel semblent “invisibles” ».

L’étude de l’OMF intitulée Impact du Covid-19 sur les femmes en Amérique latine et dans les Caraïbes, a été réalisée par l’UMOFC en alliance avec la Conférence Episcopale Latino-Américaine (CELAM), au second semestre 2021. Fruit du travail de 25 experts, à partir de l’enquête réalisée sur un échantillon non statistique de femmes de 23 pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

Mgr Ouellet n’a pas hésité à livrer une vision personnelle très « politiquement correcte » : « Quel dommage nous avons fait, en tant qu’hommes, en nous arrogeant un statut de supériorité », a-t-il déclaré.

Il ajoute ensuite : « Il n’y a pas d’image complète de ce qui est humain lorsque seul le masculin est considéré comme prédominant et le seul pertinent. Pendant des siècles, nous avons étouffé la particularité féminine. La subordination des femmes aux hommes est le fruit du péché.

« Le féminin est la clé de lecture du présent et de l’avenir de notre société, a affirmé le cardinal québécois, […] et les hommes sont appelés à être une aide adéquate pour la réalisation des femmes ».

Citant le pape François, il a précisé que les femmes sont les « protagonistes du changement d’époque ». Et d’expliquer : « Le mot protagoniste ne pourrait être mieux choisi. La femme a toujours été un protagoniste dans l’histoire, cependant elle a souvent été rendue invisible. »

En marge de cette repentance qui pourrait aussi bien être faite à la tribune de l’ONU ou de l’UNESCO, le rapport de l’OMF a démontré que la pandémie a aggravé la condition des femmes en termes de violence sexiste, de traite et de migration forcée, de pauvreté, d’accès à la santé et à l’éducation, exacerbant les lacunes et les injustices déjà existantes.

Sœur Alessandra Smerilli, secrétaire du Dicastère pour le Service du développement humain intégral et chef de la Commission du Vatican sur le COVID-19, a souligné l’importance de l’Observatoire : « Si nous ne pouvons pas observer et mesurer, nous ne pouvons pas améliorer la réalité. (…)

« Nous devons promouvoir la formation, de nouvelles lois et de nouveaux espaces pour la participation des femmes, dans une collaboration entre l’Eglise, les gouvernements, les mouvements sociaux et les ONG », a soutenu la religieuse italienne.

L’Observatoire Mondial des Femmes (OMF) a été créé à titre expérimental par l’Union Mondiale des Organisations Féminines Catholiques (UMOFC). « A ce jour, selon l’UMOFC, il n’existe pas d’observatoire dans une perspective catholique qui englobe tous les types de femmes dans le monde, y compris un grand nombre de celles qui, normalement, “n’ont pas de voix” et “ne sont pas vues”.

« Un observatoire dans une perspective catholique, conforme à la vérité et à l’ordre naturel voulu par Dieu, dont la vision est celle des enseignements sociaux de l’Eglise et qui montre la réalité des femmes dans les différentes régions de la planète, y compris leurs grands besoins et leurs carences, ainsi que leur potentiel et leurs réalisations. »