Vatican : une nomination remarquée

21 Juillet, 2021
Provenance: FSSPX Spirituality
Cardinal Jean-Claude Hollerich

Le cardinal Jean-Claude Hollerich vient d’être nommé par le pape François rapporteur général du prochain Synode des évêques, un poste clé souvent considéré comme un tremplin vers de hautes destinées.

Le 8 juillet 2021, le souverain pontife a dévoilé le nom de celui qui jouera un rôle-clé dans le déroulement du prochain Synode devant se tenir en octobre 2023, et ayant pour thème « Pour une Eglise synodale : communion, participation et mission ».

Agé de soixante-deux ans, le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque du Grand-duché de Luxembourg, se voit désormais attribuer les tâches : d’aider à la préparation du synode, de présider à la rédaction des documents de travail, et de présenter la synthèse finale.

La fonction de rapporteur permet également d’accéder au cercle très fermé des fameux papabili, ces hauts prélats qui peuvent prétendre rassembler autour de leur candidature un maximum de soutiens lors du conclave : s’il n’est pas élu pape, le papabile peut contribuer à faire élire le pape…

Quelques prédécesseurs dans cette fonction

Ainsi, les cardinaux Wojtyla et Ratzinger ont tous deux occupé ce poste, respectivement en tant que rapporteur général du synode sur l’évangélisation en 1974, et celui sur la famille chrétienne en 1980.

Le cardinal Martini, qui rêvait d’un synode permanent dans l’Eglise, a été rapporteur du synode sur la pénitence et la réconciliation (1983) et le cardinal Danneels, figure de proue du groupe de Saint-Gall qui aurait préparé en coulisses l’élection du pape François, fut rapporteur du synode marquant le vingtième anniversaire du concile Vatican II (1987).

Le cardinal Hollerich apparaît donc comme une étoile montante au sein de la hiérarchie de l’Eglise : nommé par le pape Benoît XVI archevêque de Luxembourg en 2011, élu président de la Commission des conférences épiscopales de l’Union européenne (COMECE) en 2018, c’est en octobre 2019 que le pontife argentin l’intègre dans le Sacré-Collège.

Dans la page officielle qui lui est dédiée sur le portail numérique du Vatican, le cardinal Hollerich est décrit comme un « défenseur d’une plus grande implication des laïcs, en particulier des jeunes, dans la sphère ecclésiale ».

Le haut prélat a, sur les thèmes de l’immigration et des partis nationaux conservateurs, des positions similaires à celles du pape François, estimant que ceux qui s’opposent à l’immigration de masse en Europe au motif que la majorité des migrants sont musulmans et peuvent donc déstabiliser les pays, « exagèrent ».

Le nouveau rapporteur du synode a également exprimé son soutien à l’ordination sacerdotale d’hommes mariés : « c’est un ajout merveilleux », estime-t-il.

Quant au chemin synodal allemand, qui subvertit la doctrine de l’Eglise sur plusieurs points clés de sa morale et de sa discipline, Mgr Hollerich déclare « avoir un grand respect pour ceux qui osent poser des questions fort délicates qui doivent pourtant l’être ».

Enfin, la Covid-19 a permis au cardinal luxembourgeois de donner sa pleine mesure : à l’instar du cardinal Mario Grech, il considère comme une « opportunité » les restrictions portées à l’accès des sacrements. « Nous avons besoin de nouvelles formes d’évangélisation, pas du rétablissement de la situation antérieure », a-t-il expliqué à l’agence catholique d’information en langue allemande, KNA.

Avec la nomination du cardinal Hollerich, le synode sur la synodalité est entré dans une phase critique de préparation : une longue période de tourments pour l’Eglise commence.