12 mai 2007 : Benoît XVI interpelle les trafiquants de drogue
Benoît XVI a ainsi rappelé que le Brésil détenait les statistiques parmi les plus élevées en ce qui concerne la dépendance aux drogues et aux stupéfiants, avant de regretter que toute l’Amérique latine soit touchée par ce fléau. « Pour cela, je demande aux trafiquants de réfléchir sur le mal qu’ils sont en train de faire à une multitude de jeunes et d’adultes de toutes les couches de la société : Dieu leur demandera de rendre compte de ce qu’ils ont fait », a-t-il mis en garde. « La dignité humaine ne peut pas être piétinée de cette manière », a-t-il ajouté.
« Vous devez être les ambassadeurs de l’espérance ! », a ensuite lancé Benoît XVI aux centaines de jeunes réunis à la ‘Fazenda da Esperança’. La société attend que vous sachiez dévoiler ce bien précieux qu’est la santé à vos amis et aux membres de toute la communauté, a-t-il dit en substance. « Au moyen d’une thérapie qui inclut l’assistance médicale, psychologique et pédagogique, mais aussi beaucoup de prières, de travail manuel et de discipline, les personnes, surtout les jeunes, qui ont réussi à se libérer de la dépendance chimique et de l’alcool, et à retrouver ainsi le sens de la vie, sont déjà nombreuses », a-t-il affirmé.
La réinsertion dans la société constitue une démonstration de l’efficacité de votre initiative, a continué Benoît XVI. Mais pour le pape, ce qui suscite encore plus d’admiration, « ce sont les conversions, la découverte de Dieu et la participation active à la vie de l’Eglise ».
Le Saint Père a enfin souhaité manifester son « appréciation pour cette œuvre qui a comme fondement spirituel le charisme de saint François et la spiritualité du mouvement des Focolari ». Après avoir béni le fondateur de la ‘Fazenda da Esperança’, le frère Hans Stapel, il a salué les « autres institutions du monde entier qui travaillent pour restituer la vie, et une vie nouvelle, à nos frères présents dans la société ».
Avant de rencontrer les jeunes de la ‘Ferme de l’espoir’, Benoît XVI s’était rendu dans la nouvelle chapelle de l’institution, la première dédiée à saint Galvão, pour un bref temps de prière et saluer la communauté des Sœurs clarisses présente sur les lieux.
Pour rejoindre la ‘Fazenda da Esperança’, le pape avait parcouru une trentaine de kilomètres à travers la campagne, salué par des milliers d’habitants postés depuis l’aube devant leurs maisons. Le long de la route, étaient accrochées des banderoles saluant le passage du cortège papal : « Saudamus o santo Papa Bento XVI ». Il est aussi passé devant la maison natale du frère Antonio de Sant’Anna Galvão, canonisé la veille à São Paolo.
Au milieu des collines verdoyantes de la région brésilienne de la Serra da Matiqueira, entre Rio de Janeiro et São Paolo, s’élève la ‘Fazenda da Esperança’, la ferme de l’espoir, fondée en 1979 par le franciscain allemand Hans Stapel. Elle possède une trentaine de communautés au Brésil mais est aussi présente au Paraguay, au Mexique, au Guatemala, en Argentine, aux Philippines, en Russie et au Mozambique. A l’occasion de sa visite, Benoît XVI a décidé de faire don de 100.000 dollars à l’œuvre fondée par son compatriote. La veille, l’entourage du pape avait fait savoir que celui-ci avait promis de donner également 200.000 dollars à un projet de la Conférence épiscopale brésilienne en faveur de l’Amazonie.