Allemagne, Autriche et Suisse : Plus de 200 théologiens progressistes réclament une série de réformes dans l´Eglise

Source: FSSPX Actualités

Plusieurs associations de laïcs progressistes soutiennent l'appel des théologiens. Sur la photographie, des militants de "Pax Christi".

Le Süddeutsche Zeitung du 4 février rapporte que, sous le titre « Kirche 2011: Ein notwendiger Aufbruch » (Eglise 2011 : un nouveau départ nécessaire), 143 théologiens et théologiennes d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse réclament une participation renforcée des croyants à la désignation des évêques et des prêtres, l´ordination d´hommes mariés et davantage de respect face à la liberté de conscience individuelle, en permettant que les homosexuels et les divorcés remariés puissent avoir accès aux sacrements.

« L´an dernier plus de chrétiens que jamais auparavant ont quitté l´Eglise catholique », indiquent-ils. L´Eglise doit comprendre ces signes, et « sortir de ses structures rigides afin de gagner en nouvelles forces de vie et en crédibilité ».

Le théologien allemand Manfred Lütz décrit ce mémorandum comme « un document de résignation et de désespoir ». Dans le Frankfurter Allgemeinen Sonntagszeitung, il suggère que quiconque partage, en tant que catholique, les demandes de cette déclaration, « rejoigne sans tarder l´Eglise protestante », car toutes les questions controversées y sont abordées et traitées dans le sens d´une solution protestante. Selon lui, ces théologiens ne jouent plus aujourd’hui dans les débats publics médiatiques, « aucun rôle important, parce qu´on veut des positions catholiques claires ».

Pour sa part, la Conférence des évêques d´Allemagne a réagi avec une prudence extrême. Elle a déclaré qu´elle présenterait ses propres propositions lors de son assemblée générale, en mars 2011. « Que des scientifiques veuillent aussi participer au dialogue sur l´avenir de la foi et de l´Eglise est un bon signe », a déclaré placidement le secrétaire général de la Conférence des évêques, le P. Hans Langendörfer, tout en admettant – avec un sens aigu de l’euphémisme – que dans bon nombre de questions cette déclaration « entre en tension (sic) avec des convictions théologiques et des exigences religieuses hautement contraignantes. » Sans ambages, le Comité central des catholiques allemands (Zentralkomitee der deutschen Katholikien), la Confédération de la jeunesse catholique (Bund der katholischen Jugend), et le Mouvement de l´Eglise (Kirchenvolksbewegung), ont déjà pris position en faveur de l´initiative des théologiens.

Le 8 février, quatre jours après sa publication, le mémorandum des théologiens germanophones comptait déjà plus de 200 signatures. Et de nouveaux soutiens continuent de se manifester. Ainsi le mouvement progressiste Pax Christi parle d’« importantes impulsions». D´après sa secrétaire générale, Christine Hoffmann, le texte révèle l´importance de la participation des laïcs au dialogue interne à l´Eglise. De son côté, la Communauté des femmes catholiques en Allemagne salue la position des théologiens. « L´appel souligne une fois de plus l´urgence avec laquelle des réformes doivent avoir lieu dans l´Eglise. Nous partageons pleinement et entièrement cette position », a affirmé Maria Theresia Opladen, présidente de l´association. Et de rappeler la déclaration publiée par son mouvement en juin 2010, intitulé « Die Chance zur Erneuerung ist jetzt » (La chance pour le renouvellement c´est maintenant).

Pour Wolfgang Beinert, professeur émérite de théologie dogmatique à Regensburg, la révision du célibat obligatoire des prêtres catholiques « est une décision difficile à laquelle on n´échappera pas ». Avec une relève des prêtres qui est loin d´être assurée, l´Eglise ne pourra plus remplir son devoir en Europe centrale et dans de nombreuses autres parties du monde si elle n´agit pas. (Sources : Apic/kna/FSSPX-Allemagne – DICI n°230 du 19/02/11)

Lire également :
Un soupçon de schisme
Allemagne : Les évêques appelés par des politiciens à s’engager en faveur de l’ordination d’hommes mariés