Au Royaume-Uni, l’espoir est parfois un commerce

Des cliniques privées qui exploitent, hors de tout contrôle, les femmes les plus âgées et les plus fragiles, en les incitant à effectuer des traitements de fertilité : voilà le scandale que dénonce au Royaume-Uni un organisme dépendant du ministère de la Santé, la Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA). 

Le « commerce de l’espoir » : une sinistre pratique que dénonce outre-Manche un reportage diffusé sur la BBC, le 22 avril 2019. Certaines cliniques privées commencent par cibler les femmes désirant un enfant bien qu’ayant dépassé la quarantaine. Mettant en avant des taux de réussite très sélectifs, ces établissements parviennent sans mal à convaincre les patientes les plus vulnérables. 

Ainsi apprend-on que depuis 2004, le nombre de femmes ayant atteint la quarantaine qui ont accepté un traitement de fertilité a été multiplié par deux : 10 835 femmes étaient ainsi concernées en 2017. 

Le rapport de la HFEA pointe du doigt la face cachée de ce « commerce de l’espoir » : parmi celles qui utilisent leurs propres ovocytes, 2 265 embryons ont été transférés en 2017 et seulement 75 femmes âgées de 43 et 44 ans ont enfanté. Pour les femmes de plus de 44 ans, le taux est encore plus faible. 

Sally Cheshire est la présidente de la HFEA. Interrogée par la BBC, elle considère que les cliniques devraient être transparentes tant à propos des coûts engagés que des chances de résultat. Car en moyenne, tous âges confondus, les fécondations in vitro (FIV) sont des échecs dans 70% des cas. 

Sally Cheshire dénonce les tactiques agressives de marketing utilisées afin de persuader les femmes les plus fragiles de recourir à ces traitements : « Maintenant, nous voyons des annonces comme ‘bébé garanti ou remboursé’ », déplore-t-elle. 

Toutes ces dérives sont contenues virtuellement, et dès l’origine, dans la technique de la FIV, et cela indépendamment des meilleures intentions des praticiens ou des patients. C’est bien cette technique d’apprenti-sorcier contraire à l’ordre naturel, qu’il convient de pointer du doigt, afin de lutter efficacement contre la marchandisation de l’être humain créé à l’image et la ressemblance de Dieu.