Au Vatican, le réchauffement économique n’est pas pour demain

Source: FSSPX Actualités

Le Conseil pour l’économie vient de se réunir sur fond de crise, au moment où le Vatican s’attend à un déficit net de 80 millions d’euros pour 2021 : un chiffre qui devrait être ramené à 49,7 millions d’euros, grâce à l’apport du Denier de Saint-Pierre et d’autres fonds dédiés.

Covid-19 oblige, c’est en ligne que s’est déroulée, le 16 février 2021, la réunion du Conseil pour l’économie, sous la houlette de son président, le cardinal Reinhard Marx, en présence du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, et du père Juan Antonio Guerrero Alves, préfet du secrétariat pour l’économie.

Créé en 2014, ce Conseil est chargé de veiller sur la gestion économique et financière du Saint-Siège et de l’Etat de la Cité du Vatican.

Une réunion virtuelle, pour une crise financière bien réelle : au bout d’un an d’un contexte sanitaire chaotique, les comptes du Vatican sont en effet dans le rouge.

« C’est une période difficile pour le Vatican, comme pour tous ailleurs dans le monde », confesse un haut prélat du Vatican à l’AFP.

En effet, dans la foulée de la déferlante du SARS-CoV-2, le Saint-Siège accuse le coup d’un recul de l’ordre de 21% de ses revenus par rapport à 2019, ce qui représente une perte de 48 millions d’euros.

La fermeture des Musées du Vatican durant plusieurs mois – mais rouverts le 1er février dernier – a entraîné une baisse de 85% des recettes en 2020, soit un manque à gagner d’environ 100 millions d’euros.

La collecte annuelle du Denier de Saint-Pierre pour l’année 2020 a, quant à elle, baissé de 25% : conséquence non seulement de l’épidémie, mais aussi des scandales financiers qui ont éclaboussé une institution qui rassemble les dons faits au pape par les fidèles du monde entier.

Sans parler des mesures d’accompagnement entraînées par la crise, adoptées en mars et renouvelées jusque fin 2020 : 2,6 millions d’euros de réductions de loyer et 2,9 millions de reports de loyer ont ainsi été concédés. « Nous ne pouvons pas exclure des mesures similaires dans un avenir proche »,  a précisé à l’AFP Mgr Nunzio Galantino, président de l’Administration du patrimoine du siège apostolique (Apsa).

Mesures auxquelles il convient d’ajouter les actions caritatives en direction des plus démunis – notamment les chrétiens d’Orient – ainsi que le soutien aux entreprises avec la baisse des loyers commerciaux.

La Curie romaine a été la première victime de la rigueur, ayant dû se résigner à voir fondre ses frais de fonctionnement en 2020, tout en réalisant 14 % d’économies grâce à l’annulation de nombreux colloques et voyages.

Mais l’Eglise n’est pas une entreprise, et certaines dépenses sont indispensables : le Saint-Siège prévoit pour 2021 de débourser 15% de ses ressources dans le secteur de l’administration, afin de subvenir notamment aux besoins de ses 125  représentations diplomatiques permanentes, et de financer les médias travaillant dans 40  langues.

Sans parler de nombreuses œuvres caritatives parrainées par le Vatican, qui représentent 68% des dépenses totales, et de l’entretien de l’immense patrimoine religieux, culturel et historique dépendant du Saint-Siège (17% des dépenses).