Au Vietnam non plus, la crèche n’est pas la bienvenue dans l’espace public
Au Vietnam, la liberté des catholiques a trouvé une nouvelle fois ses limites : quelques semaines avant Noël, le pouvoir communiste est intervenu brutalement afin d’empêcher des fidèles d’installer la traditionnelle crèche dans un quartier pauvre de la capitale.
Lộc Hưng est une paroisse située dans un quartier pauvre de Ho Chi Minh-Ville, l’ancienne Saigon. C’est là que s’étaient réfugiées de nombreuses familles venues du Nord, fuyant l’avancée communiste durant la guerre du Vietnam. En janvier dernier, 300 policiers dépêchés par le pouvoir municipal et le Comité populaire du district de Tân Bình avaient démoli plusieurs maisons appartenant aux chrétiens de la paroisse. Ils étaient venus avec des bulldozers. Le terrain, qui appartient au diocèse de Saigon, est convoité par les communistes.
Les fidèles catholiques résistent depuis et tentent de faire valoir leurs droits. Ils continuent de prier le rosaire devant la statue de la Vierge Marie située face au jardin public de Lộc Hưng. Mais le 8 décembre 2019, en la fête de l'Immaculée Conception, une nouvelle répression brutale s’est abattue sur eux.
Un groupe de fidèles s’était en effet rassemblé afin d’édifier la traditionnelle crèche de Noël, lorsque les autorités communistes locales sont intervenues pour tout arrêter. Vers 9 heures du matin, des agents en civil aidés d’une bande de jeunes voyous ont démoli l'échafaudage de bois.
Les habitants ont protesté, invoquant le droit des catholiques à la liberté de religion. Mais celle-ci, quoiqu’affirmée de bouche, n’est qu’un leurre. Le Vietnam reste l’un des pays les plus communistes au monde, à côté de la Chine ou de la Corée du Nord, et devant Cuba.
Quand la crèche trouble l’ordre social
Les fidèles n'ont pas perdu courage, et ont repris le travail dans l’après-midi. « A 15h30, rapporte l’un des témoins, nous nous sommes réunis pour prier et nous préparer à installer la crèche. Après la prière, un grand déploiement de forces s'est présenté pour la détruire à nouveau. Ils nous ont battus et nous ont mis dans un coin ».
L’une des femmes présentes, Mme Cao affirme avoir subi des violences : « j’ai 58 ans et j'ai une audition très faible. Mais j'ai été battue au visage et piétinée. J'ai entendu une brique me frapper quelque part. C'était si douloureux que j'ai ramassé la brique, je l'ai jetée et j'ai commencé à m'enfuir. C'est alors qu'ils m'ont arrêtée et m'ont accusée d'avoir jeté la brique [contre eux], ce qui est une violation de la loi ».
La police politique, pour justifier son intervention, a décrit les fidèles présents comme « un rassemblement de masse de nature à troubler l'ordre social ».
En définitive, il n’y a pas qu’en France que l’Etat intervient afin de faire enlever de l’espace public les crèches de Noël… Qu’il soit fondé sur le communisme ou sur la laïcité, l’ordre social qui en résulte se retrouve dans l’athéisme pratique et le rejet de Dieu.
(Source : AsiaNews/christianophobie.fr - FSSPX.Actualités - 20/12/2019)