Belgique : l’avortement pourrait devenir un « droit »
En Belgique, si l’interruption volontaire de grossesse (IVG) a été partiellement dépénalisée en 1990, l’acte reste un délit devant la loi.
Il s’agit précisément d’un délit pénal « contre l’ordre des familles et la moralité publique », lorsque les conditions prévues par la législation ne sont pas respectées. C’est-à-dire si l’avortement est pratiqué au-delà du délai légal de 12 semaines de grossesse ; si le délai de réflexion obligatoire de six jours entre le premier rendez-vous et la date où l’IVG est effectivement pratiquée n’est pas respecté ; si la femme n’a pas été informée des possibilités d’adoption ; si la situation de détresse de la patiente n’a pas été attestée par son médecin...
Non contente de cette loi, jugée sans doute trop restrictive ou culpabilisante – qui permet déjà le meurtre de plus de 20.000 enfants chaque année –, la Commission Justice de la chambre des députés belges étudie depuis plusieurs semaines différents projets visant à retirer l’IVG du Code pénal. L’objectif est que le meurtre soit reconnu comme un acte médical quelconque et une simple question de santé publique.
Dans une prise de position publiée le 15 juin 2018, la Conférence des évêques de Belgique a déclaré que « supprimer l’avortement du Code pénal, c’est prendre le risque d’en faire une intervention médicale anodine. Non seulement, dans les cas prévus par la loi, l’avortement ne sera plus considéré comme une infraction. Il deviendra un droit ».
Les évêques belges craignent également que l’objection de conscience du personnel médical soit mise en danger : « Celui qui posera des questions ou refusera l’avortement devra se justifier. Cela vaut tant pour le médecin que pour la femme concernée. Même si on conserve la clause de liberté de conscience, elle sera de moins en moins invoquée. Car un acte médical requiert une décision médicale, et non pas tant une décision de conscience ».
(Sources : cath.ch/ lalibrebelgique – FSSPX.Actualités - 26/07/2018)