Benoît XVI demande aux artistes d’être les « gardiens de la beauté »

Source: FSSPX Actualités

Le 21 novembre, Benoît XVI a reçu au Vatican 260 artistes, pour le 10e anniversaire de la Lettre de Jean-Paul II aux artistes (4 avril 1999), et 45 ans après la rencontre de Paul VI avec le monde de l´art (7 mai 1964). Réunis sous les fresques de la Chapelle Sixtine, « sanctuaire de foi et de créativité humaine », le pape s’est adressé aux peintres, architectes, sculpteurs, romanciers, poètes, musiciens, chanteurs, acteurs… italiens pour la plupart, au milieu desquels seuls une trentaine d´étrangers dont l´architecte tessinois Mario Botta, le réalisateur britannique Peter Greenaway, la pianiste canadienne Angela Hewitt, ou le sculpteur Igor Mitoraj, avaient fait le déplacement à Rome.

Avant l'intervention du Saint-Père, le chœur de la Chapelle Sixtine a exécuté le motet Domine Quando Veneris de Palestrina (1525-1594), puis l'acteur italien Sergio Castellito a lu des passages de la lettre de Jean-Paul II. Cette rencontre, a déclaré d'emblée Benoît XVI, « entend exprimer et raviver l'antique amitié entre l'Eglise et le monde de l'art, les chrétiens ayant dès leurs origines compris le bien et la valeur représentés par l'art. L’Eglise a utilisé avec sagesse ses multiples langages pour communiquer son immuable message du salut. C'est une amitié qui doit être sans cesse entretenue afin de rester vraie et féconde, adaptée aux temps et attentive aux changements socio-culturels ». Puis il a rappelé qu'en 1964 Paul VI s'était engagé à rétablir cette amitié entre Eglise et artistes, auxquels il demanda « d'analyser sérieusement et objectivement les raisons ayant affaibli ce rapport, chacun devant assumer la relance d'un chemin de connaissance et de dialogue commun, en vue d'une véritable renaissance de l'art au sein d'un nouvel humanisme ».

Devant ceux « qui peut-être éloignés des expériences religieuses », mais désireux de « garder vivante une communication avec l’Eglise catholique » et de ne pas « réduire l’horizon de la vie à la simple matérialité, à une vision réductrice et banalisante », Benoît XVI a évoqué la fresque du Jugement dernier de Michel-Ange qui rappelle combien l'humanité tend à la plénitude et au bonheur absolu, mais aussi dont le « caractère dramatique met sous nos yeux le danger de la chute définitive de l'homme ». « Pour le croyant, le Christ est la Voie, la Vérité et la Vie. Qui le suit, trouve en lui la porte conduisant au face à face, à la vision de Dieu d'où découle la joie pleine et définitive ».

Le pape a ensuite déclaré que trop souvent, la beauté répandue était « illusoire et fallacieuse, superficielle et aveuglante jusqu´à l´étourdissement ». Au lieu de faire sortir les hommes d´eux-mêmes, a-t-il expliqué, cette beauté « les emprisonne en eux-mêmes et les rend encore plus esclaves, privés d´expérience et de joie ». Il s´agit, a-t-il mis en garde, d´une beauté séduisante mais hypocrite, qui réveille le désir, la volonté de pouvoir, de possession, de violence sur l´autre et qui se transforme, très vite, en son contraire, en adoptant les visages de l´obscénité, de la transgression ou de la provocation. Or « la beauté authentique, a précisé Benoît XVI, ouvre le cœur humain à la nostalgie, au désir profond de connaître, d´aimer, d´aller vers autrui, vers ce qui est au delà de soi... Lorsqu'il répond aux grandes interrogations de l'existence et de ce qui en découle, l'art en toutes ses expressions revêt une dimension religieuse et devient un moyen de réflexion intérieure et de spiritualité. » (DICI n°207 – 19/12/09 – Sources : apic/imedia/VIS)