Benoît XVI et le cardinal Newman

Source: FSSPX Actualités

Lors de sa visite de quatre jours au Royaume-Uni (16-19 septembre 2010), les déclarations de Benoît XVI ont porté sur quatre thèmes plus particulièrement :

 1. le scandale des prêtres pédophiles ; 2. le rôle des catholiques dans une société fortement sécularisée – avec un rappel de la mission des évêques ; 3. le dialogue œcuménique avec les anglicans ; 4. l’exemple donné par le cardinal John Henry Newman qu’il avait tenu à béatifier personnellement.

4 - Benoît XVI et le cardinal Newman

Le pape, qui a souhaité faire une exception à la règle qu´il avait lui-même fixée en choisissant de célébrer la messe de béatification du cardinal britannique, a montré son attachement personnel à l´égard de ce converti de l’anglicanisme. Ainsi la devise du cardinal Newman – cor ad cor loquitur (le cœur parle au cœur) – était également celle du voyage de Benoît XVI au Royaume-Uni. Le 1er février 2010, à l´occasion de la visite Ad Limina des évêques d´Angleterre et du Pays de Galles, Benoît XVI avait soutenu que l´Eglise actuelle avait besoin de « grands écrivains et de communicants » de la « stature et de l´intégrité » de cet anglican converti au catholicisme.

Le pape avait alors exhorté les prélats anglais à encourager leurs prêtres à suivre « l´exemple » du cardinal Newman. Le 12 septembre dernier, à quelques jours de son déplacement, Benoît XVI a indiqué au cours de l’Angélus dominical que la « personnalité » et « l´enseignement » de John Henry Newman pouvaient « être une source d´inspiration pour notre époque et pour l´œcuménisme ». Il y a près de 20 ans déjà, en 1991, le cardinal Joseph Ratzinger avait publié Conscience et vérité, un essai dans lequel il présentait la pensée de Newman.

Le 19 septembre, au dernier jour de son voyage, le pape a ainsi célébré la messe sous un ciel couvert, devant 60.000 fidèles rassemblées dans le Cofton Park de Rednal. Dans son homélie, après avoir procédé à la béatification du cardinal Newman, le pape a salué la « longue tradition de saints martyrs » en Angleterre.

Pour autant, il a estimé qu´il était « juste » de reconnaître « la sainteté d´un confesseur, un fils de cette nation qui, bien qu´il n´ait pas été appelé à répandre son sang pour le Seigneur, lui a cependant rendu un témoignage éloquent durant une longue vie consacrée au ministère sacerdotal, et spécialement en prêchant, en enseignant et en écrivant ». « Le service particulier auquel le bienheureux John Henry a été appelé, a affirmé le pape, consistait à appliquer son intelligence fine et sa plume féconde aux nombreuses et urgentes questions du jour ».

Benoît XVI a alors expliqué que « ses intuitions sur le rapport entre foi et raison, sur la place vitale de la religion révélée dans la société civilisée, et sur la nécessité d´une approche de l´éducation qui soit ample en ses fondements et ouverte à de larges perspectives » avaient été « d´une importance capitale pour l´Angleterre de l´époque victorienne », mais continuaient « à inspirer et à éclairer bien des personnes de par le monde ».

Evoquant particulièrement la conception de l´éducation qu´avait le cardinal Newman, Benoît XVI a repris son appel « en faveur d´un laïcat intelligent et bien formé », citant le prélat anglais : « Je désire un laïcat qui ne soit pas arrogant, ni âpre dans son langage, ni prompt à la dispute, mais des hommes qui connaissent leur religion, qui pénètrent en ses profondeurs, qui savent précisément où ils sont, qui savent ce qu´ils ont et ce qu´ils n´ont pas, qui connaissent si bien leur foi qu´ils peuvent en rendre compte, qui connaissent assez leur histoire pour pouvoir la défendre ».