Benoît XVI réaffirme la primauté de l’évêque de Rome…

 

Lors de l’audience générale, le 5 mars 2008, Benoît XVI a réaffirmé la primauté de l’évêque de Rome, en évoquant la figure de saint Léon le Grand, pape de 440 à 461, proclamé docteur de l’Eglise en 1754.

 « Nous connaissons bien l’action du pape Léon, a rappelé Benoît XVI, grâce à ses très beaux sermons - nous en conservons près de cent dans un latin splendide et clair - et grâce à ses lettres, environ cent cinquante. Dans ces textes, le pape apparaît dans toute sa grandeur, tourné vers le service de la vérité dans la charité, à travers un exercice assidu de la parole, qui le montre dans le même temps théologien et pasteur. Léon le Grand, constamment attentif à ses fidèles et au peuple de Rome, mais également à la communion entre les différentes Eglises et à leurs nécessités, fut le défenseur et le promoteur inlassable du primat romain, se présentant comme l’authentique héritier de l’apôtre Pierre :  les nombreux Evêques, en grande partie orientaux, réunis au Concile de Chalcédoine se montrèrent bien conscients de cela. »

 C’est surtout par ses interventions, poursuivit le Saint-Père, qui eurent lieu durant la controverse christologique des années 450, « que se manifeste avec évidence comment le pape ressentait avec une urgence particulière les responsabilités du Successeur de Pierre, dont le rôle est unique dans l’Eglise car ‘à un seul apôtre est confié ce qui est communiqué à tous les apôtres’, comme affirme Léon dans l’un de ses sermons pour la fête des saints Pierre et Paul (83, 2).  Et, ces responsabilités, le Pontife a su les assumer, en Occident et en Orient, en intervenant en différentes circonstances, avec prudence, avec fermeté et avec lucidité, par ses écrits et par l’intermédiaire de ses Légats. Il montrait, de cette manière comment l’exercice de la Primauté Romaine était alors nécessaire, tout comme elle l’est aujourd’hui, pour servir efficacement la communion, caractéristique de l’unique Eglise du Christ ».

 Le pape a également évoqué le « pontificat particulièrement délicat » de Léon Ier, « en raison des temps troublés : invasions barbares, affaiblissement de l’autorité impériale, longue crise sociale ». « L’épisode le plus célèbre de son ministère, a expliqué Benoît XVI, fut la rencontre avec Attila en 452 à Mantoue, signe emblématique de son action en faveur de la paix, même si Rome fut saccagée deux ans plus tard, sans cependant être brûlée ».

 Benoît XVI a en outre présenté saint Léon le Grand comme « un grand porteur de paix et d’amour » avec une « grande foi christologique », un pape qui « avait le souci de l’unité entre toutes les Eglises ».

 La question du primat du pape est l’objet de tensions entre catholiques et orthodoxes. En octobre 2007, à Ravenne (Italie), les deux confessions ont commencé à s’accorder sur cette question délicate lors d’une rencontre de la Commission de dialogue théologique entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes. Cependant, la délégation du patriarcat de Moscou, qui avait quitté la table des négociations dès le deuxième jour de la rencontre pour des raisons inter-orthodoxes, n’a pas donné son aval aux conclusions de la réunion.

 « Le document de Ravenne est un texte provisoire et n’a pas été approuvé par l’Eglise catholique » a déclaré Mgr Angelo Amato, secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Dans une interview accordée au quotidien catholique italien Avvenire, l’évêque a indiqué que son dicastère étudiait actuellement le document. « Le primat n’est pas un ajout optionnel mais un élément essentiel qui qualifie l’Eglise particulière et l’Eglise universelle », a expliqué Mgr Amato en précisant, le texte a « un langage plus proche de la tradition ecclésiale orthodoxe que de la tradition ecclésiale catholique ». (Sources : apic/imedia/VIS/ L’Osservatore Romano)