En bref : Castrillon, Arinze - ONU, Etats-Unis, Pakistan, France - Béatifications
DICI : Documentation Information Internationales Catholiques
Une interview du cardinal Castrillón
La Stampa du 10 avril dernier publie une longue interview du Préfet de la Congrégation du clergé. Différents points sont abordés par le cardinal, et, à l’occasion d’une question sur Campos, il livre sa pensée sur la Fraternité Saint Pie X : « Dans le groupe lefebvrien, il y a des évêques, des prêtres, des religieux, des religieuses et des laïcs, qui veulent sincèrement cultiver un sens ecclésial et, certainement, ils entendent se réconcilier avec Rome au lieu de rester dans une situation anormale. Il reste un petit nombre de personnes très difficiles et de fanatiques, qui peut-être continueront dans le schisme, croyant, comme tous les hérétiques et les schismatiques, posséder la vérité, et oubliant que “ubi Petrus, ibi Eclesia” ».
Nous pensons qu’il est incompatible de chercher à trouver un accord pratique avec la Fraternité et de vouloir introduire une dialectique en son sein. Comme le faisait remarquer Mgr Fellay dans son interview à Radio Courtoisie le 11 avril dernier, « il est contradictoire d’offrir une Rolls Royce et de semer des clous sur la route ».
Le cardinal Arinze bis
Nous évoquions dans DICI 49 le message adressé par le cardinal Arinze aux bouddhistes à l’occasion de leur fête annuelle de la Vesakh, par lequel il invite les bouddhistes à unir leurs forces à celles des catholiques dans la lutte pour le respect de la vie. Or il faut savoir que le bouddhisme professe, sur de nombreux points de morale naturelle, des erreurs profondes. Ainsi, l’avortement est-il permis dans certains cas (détresse de la mère, par exemple), l’insémination artificielle et le don d’ovule sont autorisés, la fécondation in vitro est envisageable, le clonage humain reproductif serait également envisageable, sous réserve de non-modification du patrimoine génétique (cf. Actualité des religions, nº 26, avril 2001). C’est ainsi que le cardinal Arinze apporte sa caution à une fausse religion et à sa conception erronée de la loi naturelle.
Le dernier-né de l’O.N.U.
Il s’agit de la Cour internationale des Crimes (ICC) créée le 11 avril, suite à la signature du 60ème pays adhérent. (A ne pas confondre avec le T.I.P., Tribunal pénal international). La définition du crime et le listing qu’en fait le « rapport de la commission préparatoire de la cour pénale internationale » (http://www.un.org/law/icc/statute/elements/elemfra.htm) est idéologiquement angélique – autant que l’étaient les documents fondateurs de la S.D.N. On sait ce qu’est devenue cette dernière ; l’on peut craindre ce que deviendra ce dernier-né.
Le sida de la foi dans sa phase terminale
« La culture du dialogue dans un monde globalisé », voilà le thème d’une rencontre interreligieuse entre catholiques et musulmans, organisée à Tripoli, en Libye. Le Conseil pontifical pour le Dialogue inter-religieux organise déjà depuis quelque temps, tous les quatre ou cinq ans, une rencontre avec une organisation pour la promotion de l’Islam, la World Islamic Call Society, l’association mondiale pour l’appel à l’Islam.
La rencontre se proposait de répondre à cette question: « Comment promouvoir la collaboration entre les religions dans un monde où la globalisation avance continuellement? »
Participaient à la rencontre 12 chrétiens choisis par le conseil pontifical, et 12 musulmans provenant de différents pays et choisis par l’organisation dans la Lybie de Khadafi…
Le cardinal Francis Arinze a confié à Radio Vatican ses impressions sur cette rencontre.
« Si l’on prend en considération le fait que la Libye est un pays où les chrétiens sont tous des étrangers, parce que la loi du pays ne permet pas aux citoyens de devenir chrétiens, on peut voir que, même dans de telles situations, le dialogue n’est pas impossible ». (Source : Zenit)
Ce dialogue engendre une confusion omniprésente : l’appel à l’Islam n’est pas un vain mot, et le dialogue avec de telles structures ne peut que leur donner une honorabilité accrue sans obtenir aucun résultat tangible pour les chrétiens de Libye.
Pakistan : Deux chrétiens condamnés à mort pour “blasphème”
Deux catholiques ont été condamnés à mort au Pakistan pour « blasphème contre l’Islam » indique le quotidien espagnol La Razon (www.la-razon.com).
L’article attire l’attention sur le sort de ces deux chrétiens du Pakistan. Un cas précédent avait déjà attiré l’attention, celui de Ayub Masih, 28 ans, condamné également, mais qui a obtenu une révision de son procès. La Cour suprême du Pakistan devra se prononcer sur son cas le mois prochain: ce sera la première fois dans un pays islamique qu’un procès pour blasphème arrive devant le tribunal suprême indique La Razon.
Il semblerait que l’Islam pakistanais soit moins prompt à dialoguer que celui du colonel Kadhafi…
Crise aux Etats-Unis. Sommet au Vatican
Les affaires de mœurs ayant pris une telle proportion aux Etats-Unis, Mgr Wilton Daniel Gregory, président de la conférence des évêques des Etats-Unis, a annoncé qu’une rencontre aura lieu les 23-24 avril à Rome à laquelle participeront les treize cardinaux des Etats-Unis d’Amérique et les préfets des congrégations romaines pour le Clergé, le cardinal Darío Castrillón Hoyos, pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Joseph Ratzinger, et pour les Evêques, le cardinal Giovanni Battista Re, dans le but de déterminer les moyens pour « redonner sécurité et sérénité aux familles et confiance au clergé et aux fidèles ». (Source : Zenit)
Analyse
L’ampleur de cette crise sans précédent appelle deux remarques :
1. A en entendre certains, un névrosé sexuel se cacherait derrière chaque habit religieux. Il ne s’agit pas de nier les faits, mais de les ramener à leur dimension réelle et de constater que cette campagne est une arme contre l’Eglise.
2. Pourquoi parle-t-on tant de pédophilie alors que le problème initial est l’homosexualité ? Parce que ceux qui se sont lancés dans cette campagne anti-Eglise et anti-pédophilie peuvent difficilement parler contre l’homosexualité sans s’attirer les foudres des lobbies homosexuels tout-puissants. Il est par ailleurs bien connu qu’un crime engendre l’autre…
Nouvelles béatifications
Le 14 avril, Jean-Paul II a proclamé six nouveaux bienheureux, dont, pour la première fois, une Nicaraguayenne et une Argentine. Trois d’entre eux étaient disciples de saint Jean Bosco, fondateur des salésiens.
María Romero Meneses (1902-1977), fille de Marie Auxiliatrice (salésienne) est la première femme du Nicaragua a être proclamée bienheureuse. Elle a également vécu au Salvador, au Costa Rica, comme « religieuse exemplaire, apôtre et mère des pauvres qui, sans exclure personne, étaient ses préférés ».
Maria del Transito de Jesus Sacramentado (1821-1885), vierge, fondatrice de la congrégation des religieuses Tertiaires Missionnaires Franciscaines d’Argentine est la première argentine à être béatifiée. Le pape a souligné sa « vie de pauvreté, d’humilité, de patience et de charité ». Elle a ainsi vécu “l’idéal franciscain”, fondant une nouvelle famille religieuse, après avoir quitté deux monastères de vie contemplative pour des raisons de santé.
Artemide Zatti (1880-1951), religieux italien de la Société de Saint François de Sales, émigra en Argentine avec sa famille. Il s’est distingué par son dévouement particulier pour les malades, se donna aux pauvres de la ville de Viedma en Argentine, pendant presque 50 ans.
Luigi Variara (1875-1923), prêtre italien de la Société de Saint-François de Sales, fondateur de l’Institut des religieuses Filles des Sacrés Cœurs de Jésus et Marie. Il fut le premier salésien ordonné prêtre en Colombie. Puisque les jeunes lépreuses ou filles de lépreuses qu’il connaissait n’étaient pas acceptées dans la vie religieuse, il décida de fonder une congrégation pour elles, les Filles des Sacrés Cœurs de Jésus et Marie.
Ludovico Pavoni (1784-1849), prêtre italien, fondateur de la congrégation des Fils de Marie Immaculée « se donna tout entier dans l’assistance aux jeunes pauvres et abandonnés, et spécialement aux sourds-muets ».
Gaetano Errico (1791-1860), prêtre italien, fondateur de la congrégation des Missionnaires des Sacrés Cœurs de Jésus et Marie fut un « martyr du confessionnal ».
Le pape a désormais béatifié 1288 serviteurs de Dieu. Il a proclamé 456 saints. Jean-Paul II a ainsi élevé aux honneurs des autels plus de la moitié des bienheureux et des saints proclamés tout au long de l’histoire de l’Eglise. (Source : Zenit)
Comme le soulignent de nombreux commentateurs, il est fort à craindre que cette inflation soit peu heureuse pour les bienheureux, en ce sens qu’elle dévalorise et la béatification et les canonisations. Il pourra se poser un jour la question de l’engagement de l’infaillibilité pontificale dans ces dernières. Dans la perspective de la canonisation du Bx Escriva de Balaguer au mois de juin, la question risque de devenir actuelle.
France : La justice condamne une perquisition à l’Officialité de Lyon
C’est ainsi que titre le journal Présent du 11 avril. Une perquisition avait été effectuée en août 2001 dans les bureaux du tribunal ecclésiastique de l’archevêché de Lyon. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles a annulé cette perquisition ainsi que tous les actes qui en découlent, ordonnant la restitution des documents saisis. L’argumentation de la chambre est bonne, car elle considère qu’il « existe une antinomie radicale des conceptions » de la procédure canonique et de la procédure pénale. En effet, la procédure canonique est régie par des obligations précises, « comme celle, pour la personne qui dépose, de dire la vérité, sous la foi du serment, fût-ce pour s’accuser ». Ses « règles procédurales » sont « fondées notamment sur un secret absolu, qui procède du secret professionnel des ministres du culte ». Alors que la procédure pénale doit être « équitable et contradictoire et préserver l’équilibre des droits des parties ».
France : Les candidats aux présidentielles et la bioéthique
Les candidats aux élections présidentielles françaises disent leurs positions en bioéthique dans un dossier proposé par la Fondation Jérôme Lejeune. Généthique – le service de presse de la Fondation – a en effet lancé auprès des candidats à l’élection présidentielle une enquête « 10 minutes pour 10 questions » sur l’actualité bioéthique. Les candidats pouvaient répondre par “oui”, “non”, “ne sait pas”. Quelques questions sont restées sans réponse. Certains ont souhaité compléter, à juste titre, leurs réponses. (http://www.genethique.org/doss_theme/doss_theme.htm)
Les idées de Chirac sur :
• Le Pacs : « Le Pacte Civil de Solidarité est aujourd’hui une loi de la République, qui à ce titre s’impose à tous. »
• « L’homophobie, désignant un comportement manifestant une hostilité à la personne homosexuelle en tant que telle, est inadmissible, au même titre que le sexisme ou le racisme. La liberté de choix de son mode de vie est, en effet, fondamentale. On ne peut tolérer que l’orientation sexuelle d’une personne lui porte préjudice dans son parcours professionnel par exemple. A l’instar du dispositif en place pour d’autres phénomènes de rejet, il faut à l’évidence une condamnation de l’homophobie. »
• L’éducation sexuelle. « Il est naturellement important que les enfants aient une éducation à la sexualité dans le cadre scolaire, même si j’estime que cette éducation passe d’abord par les parents. Cette dimension pédagogique, incluant la connaissance de soi et le respect de l’autre, est fondamentale. Cela passe aussi par la lecture et l’apprentissage des sentiments, pour éviter toute banalisation de la sexualité. »
Extrait d’une enquête réalisée par le lobby ARIS.