Cameroun : le mystère demeure autour du meurtre de Mgr Jean-Marie Benoît Bala
Mgr Jean-Marie Benoît Bala en 2016.
Le 28 août 2017, à peine trois semaines après son inhumation dans la cathédrale Saint-Sébastien, du sang a été aspergé sur la tombe de l’ancien évêque du diocèse de Bafia, au centre du Cameroun.
La police camerounaise a également retrouvé du sang sur les marches qui mènent au trône de l’évêque et sur la table qui porte le livre d’or. Elle enquête à présent pour savoir s'il s'agit d’un rituel animiste.
Pour certains habitants de la ville, ce pourrait être un sacrifice commis dans la nuit du 27 au 28 août. Le procureur de la République et des membres de la police scientifique se sont rendus sur les lieux. Des prélèvements ont été envoyés à Yaoundé, la capitale, pour analyse.
La cathédrale a bien entendu été fermée suite à cet acte de profanation et les messes seront célébrées, jusqu’à nouvel ordre, dans un autre lieu de culte.
Ce nouvel élément troublant ne risque pas d’éclaircir le mystère autour du décès du prélat camerounais. Ni de mettre fin aux spéculations sur les circonstances de ce que beaucoup considèrent avec certitude comme un meurtre, à commencer par la Conférence des évêques du Cameroun qui a affirmé sa conviction, le 13 juin 2017 à l’issue de son assemblée plénière, que le prélat avait bien été assassiné. De son côté, les autorités judiciaires camerounaises défendent toujours la thèse du suicide par noyade, sur la base d’une autopsie qui a « relevé l’absence de toute trace de violence sur le corps du défunt ».
Autres assassinats
Les autorités camerounaises enquêtent également sur les circonstances de la mort du recteur du petit séminaire de Bafia, le Père Armel Djama, décédé 10 jours avant Mgr Jean-Marie Bala, dans des conditions tout aussi troubles.
Depuis une trentaine d’années, plusieurs prélats, des prêtres et des consacrés ont été assassinés dans des circonstances également mystérieuses.
Les évêques du Cameroun évoquaient, en juin dernier, le souvenir de Mgr Yves Plumey, archevêque émérite de Garoua, assassiné à Ngaoundéré en 1991, du Père Joseph Mbassi, tué à Yaoundé en 1988, du Père Antony Fontegh, assassiné à Kumbo en 1990, des sœurs de Djoum, tuées en 1992, ou encore du Père Engelbert Mveng, tué à Yaoundé en 1995. Selon le correspondant de cath.ch en Afrique, les prélats camerounais ont « l’impression que le clergé du Cameroun est particulièrement persécuté par des forces obscures et diaboliques ».
(Sources : cath.ch/La Croix/radiovatican - FSSPX.Actualités - 07/09/17)