Canada : L’ignorance religieuse des jeunes québécois

 

L’Institut CROP a réalisé un sondage, du 4 au 10 juin 2008, à la demande de Radio-Canada auprès de 500 Québécois de religion catholique. Deux semaines avant le 49ème Congrès eucharistique international, l’étude montre qu’une majorité de Québécois n’est plus en mesure de répondre correctement à des questions de connaissance générale sur le catholicisme. Les personnes interrogées ont été divisées en trois groupes : 18-34 ans (28 %), 35-54 ans (33 %), 55 ans et + (47 %).

 Les quinze premières questions de ce sondage - sur un total de vingt - sont liées à l’Église ou à la Bible. A la question Le pape est le successeur de quel apôtre ?, 71 % des plus de 55 ans et seulement 27 % des 18-34 ans peuvent répondre Pierre. À la question Quel est le nom de l’homme que Jésus a ressuscité ?, 22 % des 18-34 ans sont en mesure de nommer Lazare, contre 51 % des plus de 55 ans. Deux questions ont recueilli un taux particulièrement faible de réponses positives : Nommez les quatre évangélistes, 8 % des 18-34 ans, et Nommez deux des livres du Nouveau Testament, 2% des 18-34 ans.      

Par ailleurs, certains mots n’ont plus de signification pour les jeunes générations. Seuls 22 % des 18 à 34 ans pouvaient expliquer qu’un ciboire contient les hosties, contre 73 % chez les 55 ans et plus.

 Les cinq dernières questions du sondage évaluaient les connaissances culturelles ou historiques des personnes interrogées. Là aussi, les réponses obtenues illustrent de profondes lacunes. A la question Qui a été le tout premier évêque catholique du Québec ?, seuls 4 % des 18-34 ans se sont souvenus de Mgr François de Montmorency Laval, fréquemment évoqué dans les cours d’histoire du Québec.

 À deux reprises, les 18-34 ans ont atteint un meilleur score que leurs aînés. À la question Quel est le nom civil du pape Benoît XVI ?, 10 % ont nommé Joseph Ratzinger, contre 7 % chez les 35-54 ans. Et lorsqu’on a demandé de citer deux des dix commandements, 56 % des plus jeunes ont répondu correctement contre 50 % des plus âgés.

 Le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec et primat du Canada, s’est exprimé lors d’un entretien accordé au quotidien français La Croix : « Depuis quarante ans, la vie religieuse au Québec a beaucoup changé. 80% des Québécois pratiquaient, ils sont aujourd’hui 5 à 10 %. L’enseignement religieux a été complètement éliminé. À partir de septembre prochain, l’État impose son cours d’éthique et de culture religieuse dans toutes les écoles, y compris catholiques. C’est une situation complètement nouvelle. » (Sources : Apic/Radio-Canada/La Croix)