Castel Gandolfo : la résidence pontificale délaissée
Le palais pontifical de Castel Gandolfo a une longue histoire, explique Osvaldo Gianoli, directeur du domaine, dans l’édition italienne de L’Osservatore Romano du 31 août 2018. Il y retrace l’histoire d’un lieu devenu résidence pontificale au XVIIe siècle, désormais ouvert au public.
L'emplacement de l’actuel palais est situé au cœur d’Albalonga, la ville antique liée à la fondation de Rome, huit siècles avant notre ère. Au premier siècle après Jésus-Christ, l’empereur Domitien y fit construire une vaste villa, qui fut complètement abandonnée vers le quatrième siècle.
Il faut attendre le XIe siècle pour la voir renaître de ses cendres, lorsque les Gandolfi, une famille génoise venue à Rome pour servir le pape, décide d’y bâtir un château, lui donnant le nom qu’il porte encore aujourd’hui. Par la suite, une autre famille pontificale, les Savelli, fut propriétaire du domaine jusqu’en 1596, date à laquelle la Chambre apostolique du Saint-Siège en fit l’acquisition.
En 1623, avec l’élection du pape Urbain VIII, la destination des lieux change profondément, explique Osvaldo Gianoli : « Le 10 mai 1627, le pontife inaugurait Castel Gandolfo comme résidence d’été du pape ». Le lieu permettait d’échapper à la canicule romaine les mois d’été. Un nouveau palais voyait le jour, sous la direction de Carlo Maderno.
Il faudra attendre le 20 septembre 1870 et l’occupation de Rome par les troupes de Victor-Emmanuel II pour que la résidence traverse une période de 60 ans d’abandon. Elle ne reprit vit qu’en 1929 avec le règlement de la Question romaine par les Accords du Latran signés entre le pape Pie XI et le gouvernement de Benito Mussolini.
Osvaldo Gianoli révèle que, du XVIIe siècle à nos jours, moins de la moitié des papes sont venus à Castel Gandolfo.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands dressèrent une ligne de défense sur les collines d’Albano, qui « passait juste par le palais ». « Le 22 janvier 1944 a eu lieu le débarquement des alliés à Anzio. Les Villas pontificales ont été les premières à repérer les soldats sur les plages et à donner immédiatement les nouvelles au pape - rappelons que Marconi avait installé la première radio pour les communications entre le château et le Vatican. À cette époque, le pape Pie XII avait ouvert les portes des Villas, accueillant tout le monde sans distinction. Il y avait environ douze mille réfugiés ».
Une nouvelle ère pour Castel Gandolfo a commencé avec le pontificat du pape François. Ce dernier n’a visité sa résidence qu’à de rares occasions et seulement durant quelques heures. En 2014 il a décidé d’ouvrir au public les jardins et les principales salles du château.
« Le manque de la présence pontificale se ressent », affirme Osvaldo Gianoli. « Rien ne peut remplacer la présence du pape. » La décision personnelle de François n’engage heureusement pas ses successeurs...
(Sources : Zenit/Osservatore Romano/Wikipedia - FSSPX.Actualités - 06/09/2018)