Chine : les pressions contre les chrétiens s’accentuent
Une fille lit la Bible durant la messe à la cathédrale de Pékin en avril 2016.
Comme dans tous les pays communistes, la constitution stipule que les citoyens jouissent de la liberté en matière de religion. Mais sur le terrain, la réalité est autre. Ces dernières années ont vu un resserrement croissant du contrôle de l’Etat sur la pratique religieuse, notamment des enfants.
Ainsi les établissements scolaires du district de Yonglin - où les chrétiens sont très nombreux - ont reçu dans le courant du mois d'août dernier un communiqué officiel de l’autorité supérieure « interdisant strictement aux enfants en bas âge, aux élèves du primaire et du secondaire, et aux enseignants, de rejoindre des églises catholiques ». Cette directive, il faut le noter, concerne les lieux de culte de l'Eglise officielle pourtant approuvée par l’Etat, et s'applique a fortiori à l’Eglise clandestine, fidèle au Saint-Siège.
Le personnel enseignant du district de Yonglin a scrupuleusement relayé ces nouvelles dispositions, prévenant même les parents que « des équipes d’officiels effectueraient des inspections en civil les dimanches à la messe », selon le rapport de l’agence Ucanews, cité par l’Agence d’information des Missions Etrangères de Paris.
Des représentants de comités de quartier étaient également présents aux portes des lieux de culte afin de décourager les parents d’emmener leurs enfants à la messe. Avec un succès en demi-teinte. D’après Maria, fidèle dans une paroisse à Wenzhou, beaucoup de parents ont bravé l’interdiction et ont emmené leurs enfants à la fête de l’Assomption le 15 août dernier.
Un district voisin, celui de Ouhai, a tenté de justifier les nouvelles mesures sous un prétexte qui en dit long : « L’éducation religieuse des mineurs trop tôt au sein des églises affecterait gravement le cours normal du système éducatif ».
Un communiqué de la même veine, émanant du directeur du Bureau de l’Education, Liang Guochao, souhaite concentrer tous ses efforts sur un but : « empêcher les religions de s’infiltrer dans les écoles, et de guider les enfants pour résister consciemment aux sectes religieuses, pour faire des campus des lieux de pureté ».
L’Eglise officielle ne subit pas le même traitement dans d’autres régions. Ainsi, à Shanghai ou à Pékin, les enfants peuvent continuer d’aller à l’église ou au catéchisme.
L’attitude de l’Etat chinois par rapport à l’Eglise s’est durcie ces derniers mois, avec en point d’orgue l’échec de la dernière réunion intervenue en juin dernier, au Vatican, entre hauts responsables du Saint-Siège et de la Chine.
On est désormais loin des propos du président Xi Jinping appelant en février 2013 à « traiter les religions avec considération » et à « respecter le droit des citoyens à pratiquer une religion ». Il faut dire que le président brigue un second mandat à la tête du parti communiste qui doit se réunir le 18 octobre prochain : pour l’emporter, il lui faut prouver dans les faits sa fidélité sans faille à l’idéal matérialiste et athée du grand Timonier.
(Sources : EDA/Ucanews/rcf - FSSPX.Actualités - 11/09/17)