Christchurch : la cathédrale sera détruite

Source: FSSPX Actualités

La cathédrale du Saint-Sacrement de Christchurch (Nouvelle-Zélande) devra être démolie. L'annonce de la décision prise au début du mois d’août 2019, par l'évêque du lieu, Mgr Paul Martin, qualifiant le coût de la restauration « d’immoral », a provoqué le mécontentement et la colère des habitants de la ville. 

Construit en 1905, d’après un plan inspiré de l’église parisienne Saint-Vincent-de-Paul, l’édifice a été lourdement touché par le tremblement de terre du 22 février 2011. La catastrophe avait causé le décès de 185 personnes, la destruction ou la fragilisation de plus de 110 000 maisons, entraînant l’exode de 70 000 des 340 000 habitants de Christchurch. 

La cathédrale du Saint-Sacrement est un lieu cher au cœur des Néo-Zélandais : inscrite dans la première catégorie des monuments du patrimoine local, elle revêt la valeur de symbole national. 

D’où la colère des habitants de Christchurch à l’annonce de la destruction du sanctuaire, rendue publique le 4 août 2019. Si le dôme et les clochers avaient dû être démolis après le séisme de 2011, étant donné leur état de délabrement, beaucoup espéraient encore pouvoir sauver la nef. 

D’autant plus que l’ancien évêque, Mgr Barry Jones, avait lancé une collecte de fonds afin de réunir les 70 millions de dollars néo-zélandais manquants pour mener à bien la restauration de l’édifice, en plus des 30 millions déjà obtenus. 

Mais tout a été brutalement remis en cause après le décès de l’évêque. Son successeur, Mgr Martin, a rapidement fait savoir qu’il se montrait sceptique par rapport au projet de restauration, vu le coût total de 100 millions de dollars (58 millions d’euros) nécessaires à la restauration de l’édifice. C’est la raison pour laquelle il estime « contraire à l’éthique » d’effectuer des dépenses somptuaires pour relever la cathédrale, aux dépens d’autres activités pastorales. La cathédrale, centre du diocèse, où est censée se déployer la liturgie, n’est plus une priorité. 

Si la date de la démolition n’est pas encore connue, le destin de la cathédrale est donc désormais scellé. C’est cet édifice que l’écrivain irlandais George Bernard Shaw, lors d’une visite en 1934, a défini comme l’œuvre d’un « Brunelleschi de Nouvelle-Zélande » allant même jusqu’à avancer que chaque ville aurait dû posséder une cathédrale de ce type.