Compte rendu de la visite "ad limina" des évêques de la région de l’Ouest de la France

 

"J’ai été agréablement surpris par l’accueil dans les Congrégations et les Conseils", a affirmé à l’agence Apic, le 6 décembre, l’archevêque de Rennes, Mgr François Saint-Macary. "Nos questions sont mieux écoutées qu’il y a dix ans, et nos rapports sont bien lus et travaillés, cela me semble nouveau", a-t-il ajouté. "Cela vient aussi peut-être du fait que la France est en bonne syntonie avec l’Eglise universelle".

Les évêques français ont rencontré en une semaine les principaux dicastères du Saint-Siège. A la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Joseph Ratzinger a répondu au problème des divorcés remariés. Il a invité les évêques à entreprendre des démarches de nullité de mariage lorsque les conditions de nullité sont évidentes. "Il vaut mieux chercher dans la perspective de l’annulation plutôt que dans l’assouplissement de la règle de l’indissolubilité du mariage", a rapporté Mgr Saint-Macary.

Pour l’évêque de Bayeux, Mgr Pican, la rencontre avec le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi a permis de comprendre les raisons de la publication d’un texte comme Dominus Iesus en septembre 2001 : "Il a pris position sur les textes produits, en donnant le contexte, ce que nous ne pouvions pas deviner". Mgr Pican a ainsi appris que la publication de ce document était en continuité avec la doctrine ecclésiologique du Concile Vatican II. Il en a conclu: "Si on nous présentait les documents avec un texte explicatif du contexte, ce serait plus facile. Le cardinal Ratzinger nous a introduits dans la manière dont un texte est écrit, et c’est important pour nous". – Quel aveu ! Nos pasteurs ne savent donc pas reconnaître si un texte est «en continuité avec Vatican II», et de plus il leur faut un texte explicatif pour leur expliquer la doctrine catholique. Ils étaient juges de la foi au concile… C’est eux qui l’ont fait.

A la Congrégation pour l’éducation catholique, c’est le problème des stages des séminaristes qui a été abordé, le Vatican préférant éviter ces stages dans le monde, car ils risquent d’éloigner de sa vocation le candidat au sacerdoce. Ce à quoi les évêques français ont répondu qu’en France il n’est pas possible d’ordonner des prêtres à 25 ans, comme cela peut se faire dans d’autres pays. "C’est une vision universelle qui ne peut s’appliquer à la réalité française", a expliqué l’évêque de Sées, Mgr Jean-Claude Boulanger. – Autre aveu. Qui contredit singulièrement la «syntonie» décrite plus haut. Et qui manifeste surtout l’idéologie qui guide de l’épiscopat français.

La question de l’Islam a été abordée au Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, où Mgr Felix Machado a répondu aux trois principales interrogations des évêques français. A savoir le mariage mixte, la demande de prière commune des autorités civiles (lors de catastrophes par exemple), et la poursuite du dialogue avec les fractions plus modérées de l’islam.

Avec le cardinal Giovanni Battista Re, à la Congrégation pour les évêques, outre la longue attente des nominations d’évêques, c’est la question de la retraite des évêques à 75 ans qui a été abondamment discutée. Alors que les évêques français voudraient être déchargés de leur fonction, le Vatican aimerait au contraire qu’ils continuent d’exercer leur charge, évoquant deux raisons: la longévité de la vie et le manque d’évêques, le fait que certains prêtres en France refusent la charge épiscopale n’étant pas rare.

De son côté, le Conseil pontifical pour la famille s’est montré surpris des questions très pastorales des évêques français sur le thème de la famille, ne soulevant aucune de ces questions difficiles de bioéthique que posent d’autres évêques en visite ad limina.