Corée du Nord : le calvaire de chrétiens oubliés

Un livre blanc sur la liberté religieuse en Corée du Nord vient d’être publié : si la persécution contre les chrétiens demeure vive, la proportion des habitants ayant lu l’Evangile augmente depuis une vingtaine d’années.

Le martyre des chrétiens d’Orient a tendance à faire oublier la fureur persécutrice des régimes communistes : le Centre de données des droits de l’homme nord-coréen (NKDB), basé à Séoul, a pu rassembler les témoignages de 1234 personnes – des réfugiés pour la plupart – qui ont pu confirmer l’interdiction de toutes les activités religieuses et la persécution des croyants, au pays de Kim-Jong-Un.

Près de 46 % des personnes interrogées ont indiqué que toute participation à des activités religieuses en Corée du Nord est durement punie, par une déportation en camp de travail.

Selon le livre blanc publié par le NKDB, les persécutions religieuses se sont intensifiées à partir du mois d’avril 2014, à la suite d’un ordre du chef de l’Etat qui a exigé « d’arrêter toute personne qui a des contacts avec le christianisme ».

Depuis lors, les forces de l’ordre nord-coréennes ont recherché activement la présence de croyants, tandis que l’ambassade nord-coréenne à Pékin a également formulé une demande afin d’identifier les chrétiens nationaux réfugiés dans l’empire du Milieu.

Une donnée encourageante ressort néanmoins de l’enquête : malgré un climat intense de persécution, le nombre de personnes ayant « vu une Bible » a augmenté d’environ 4 % par an, depuis l’an 2000.

Le nombre de fidèles catholiques – dans l’unique diocèse de Pyongyang, vacant depuis 2013 – est estimé à 800 par le Vatican, mais des statistiques précises sont impossibles à établir et leur périmètre de liberté dans la pratique religieuse reste extrêmement restreint.