Des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X réagissent à la déclaration de repentance de l’évêque de Luçon
« Dimanche 2 avril, l’Église de Vendée a fait sa repentance. Mgr Michel Santier qui présidait la messe de la deuxième assemblée du synode à Mouilleron-le-Captif, devant les 300 membres élus, a formellement demandé pardon, impressionné par ’un nombre important de personnes qui témoignent de blessures reçues de l’Église, de ses membres, qui ont fait qu’elles se sont éloignées de l’Église’.
(…) « L’évêque de Luçon n’a rien voulu éluder : ’Dans le passé, en Vendée, l’Église était très présente, occupait l’espace social et laissait peu de place à des manières de penser et de vivre la vie humaine et la foi d’une façon différente. Des hommes et des femmes ont souffert de cette emprise de l’Église sur leur vie personnelle et sociale. Je pense aussi aux personnes séparées, divorcées, divorcées remariées, à d’autres qui vivent une orientation sexuelle qu’ils n’ont pas choisie ; des paroles de jugement prononcées de notre part, alors que nous ignorons la souffrance cachée qui est à l’origine de ces situations, ont pu faire beaucoup de mal. Au début de cette cérémonie j’ai vécu avec vous une démarche de repentance, et au nom de l’Église, comme évêque, je vous demande pardon et leur demande pardon’. »
Cette repentance qui consiste à battre sa coulpe sur la poitrine de ceux qui ne sont plus : tua culpa, tua maxima culpa…, n’a pas fait l’unanimité. On lisait ainsi dans Ouest-France du 15 avril, sous le titre Le ’pardon’ discuté de l’évêque de Vendée : « L’évêque ne fait pas mystère des "nombreuses réactions" reçues. Certaines pour lui apporter du soutien : "A Lourdes, où j’étais la semaine dernière, j’ai trouvé l’attitude des autres évêques positive". D’autres pour lui demander des explications : "On m’accuse de renier la vérité". »
Plusieurs prêtres de la Fraternité Saint-Pie X ont énergiquement protesté contre les déclarations de l’évêque de Luçon. Nous donnons ici le texte du sermon de repentance de Mgr Santier, suivi de la lettre de l’abbé Pierpaolo-Maria Petrucci, prieur de Nantes, de l’article de l’abbé Ludovic Girod, directeur de l’école Saint Louis de Nantes, et du courrier de l’abbé Marc Vernoy, prieur de Fabrègues.
Homélie de Mgr Michel SANTIER, évêque de Luçon, le dimanche 2 avril 2006, en l’église de Mouilleron-le-Captif
« Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi. »
L’Evangéliste Jean parle de la passion de Jésus que nous célébrons déjà en ce 5ème dimanche de Carême, non comme un abaissement ou une humiliation, mais comme une exaltation, une élévation.
Le signe de la malédiction devient un signe de bénédiction, le lieu du châtiment devient le lieu de notre libération et de notre salut, non pas seulement le nôtre chacun personnellement, mais le salut de tous les hommes.
Sur la croix, selon saint Jean, se manifeste la gloire, c’est-à-dire la véritable identité de Jésus qui est venu bâtir le Royaume de Dieu non pas avec des moyens de puissance, mais en se laissant lui-même blesser par le refus et la violence des hommes pour nous libérer nous-mêmes de la violence et panser nos propres blessures par son pardon.
Dans la relecture des grands textes de l’Ancien testament, après Noé, Abraham, Moïse, David, la liturgie de ce jour nous met en relation avec un prophète, Jérémie, le seul qui ait utilisé avant Jésus le mot Nouvelle Alliance. Jérémie nous dit que la précédente, ce sont les hommes qui l’ont rompue, et que la nouvelle ne sera pas comme l’ancienne.
Qu’est-ce qui caractérise la nouvelle alliance ? le pardon. « Je ne me souviendrai plus de leurs péchés », « Je les pardonnerai de bon cœur ».
Le pardon ne va pas de soi, et nous savons nous-mêmes par expérience combien il est difficile de demander pardon et de pardonner. Certains disent que c’est impossible. Le pardon fait pourtant partie d’une des expériences les plus significatives de la vie humaine. Nous avons peut-être devant les yeux le témoignage de Jean-Paul II venant visiter en prison celui qui a tiré sur lui, ou pendant le Jubilé de l’an 2000 vivant une démarche de repentance au pied de la croix en demandant pardon à l’humanité pour les contre-témoignages de l’Eglise aux différentes périodes de l’Histoire.
La relecture des 2150 comptes-rendus de chacune des trois rencontres des équipes synodales fait remonter qu’un nombre important de personnes témoignent de blessures reçues de l’Eglise, de ses membres, qui ont fait qu’elles se sont éloignées de l’Eglise.
Dans un certain nombre de situations, il s’agit de malentendus, d’incompréhensions, parce qu’on n’a pas su trouver les moyens ni le temps de s’écouter au-delà des différences, comme nous le vivons en ce temps de la 2ème assemblée synodale. Dans d’autres situations, il s’agit de paroles vives, qu’on n’aurait pas voulu dire, mais qui ont été dites et qui laissent des traces dans des cœurs meurtris.
Dans le passé, en Vendée, l’Eglise était très présente, occupait l’espace social, et laissait peu de place à des manières de penser et de vivre la vie humaine et la foi d’une manière différente. Des hommes et des femmes ont souffert de cette emprise de l’Eglise sur leur vie personnelle et sociale. Je pense aussi aux personnes séparées, divorcées, divorcées remariées, à d’autres qui vivent une orientation sexuelle qu’ils n’ont pas choisie ; des paroles de jugement prononcées de notre part, alors que nous ignorons la souffrance cachée qui est à l’origine de ces situations, ont pu leur faire beaucoup de mal.
Au début de cette célébration, avec vous, j’ai vécu une démarche de repentance, et au nom de l’Eglise, comme évêque, je vous demande pardon et leur demande pardon. Puisque parmi nous se trouvent des frères et sœurs protestants et anglicans, qui sont nos invités à ce synode, je leur demande pardon, je leur offre mon pardon avec humilité pour les fautes du passé, en rendant grâce au Seigneur car ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous sépare encore.
Si les conflits, la violence des paroles ou les jugements divisent, le pardon unit. Jésus, élevé sur la croix, a crié : « Pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » C’est le pardon de Jésus aux hommes qui peut les rassembler.
Si Jean-Paul II, autour de son corps marqué par la souffrance et la mort, a pu rassembler sur la place Saint-Pierre tant de monde, de différentes confessions, religions et nations, c’est parce qu’à la suite de Jésus, il a pardonné non seulement en paroles, mais aussi en actes.
La communion au sein de notre Eglise diocésaine passe par le pardon, c’est de cette manière que Dieu désire renouveler son alliance avec nous par le Synode. Nos assemblées synodales, les rencontres des équipes synodales, des cellules synode, des forums, ont fait apparaître au sein de notre Eglise des sensibilités différentes. Nous avons parfois tendance à vouloir proposer le chemin spirituel dont nous faisons l’expérience comme le meilleur, l’unique, au risque de blesser.
Nous avons à apprendre à nous situer comme croyant dans un monde sécularisé, où la religion chrétienne n’est plus la seule à proposer un sens à l’existence. Nous avons à apprendre à vivre en Eglise par des chemins différents du passé où, sans nier ce qui nous a permis de vivre notre foi et de la vivre au cœur de nos engagements humains, nous sommes amenés à accueillir de nouvelles formes de vie ecclésiale et d’expérience spirituelle. Ces différences peuvent devenir des richesses à mettre en commun pour que l’Eglise puisse vivre sa vocation et sa mission première : proposer la Bonne Nouvelle à tout âge, au sein des réalités familiales et sociales, en puisant sans cesse à la source, vivant l’Eucharistie en peuple fraternel, pour se laisser ré-évangéliser, et former des témoins pour un peuple solidaire.
Cette dimension solidaire et universelle est manifestée entre autres au sein de notre Eglise diocésaine par le CCFD qui continue d’être l’aiguillon qui nous empêche d’oublier nos frères des pays en croissance.
Des événements récents nous ont rappelé que les habitants des pays du Sud souffrent du passé et de ce que nous achetons leurs produits à un prix trop réduit. Ces blessures seront difficiles à pardonner, d’autant plus que s’ajoute à cela la manière dont nous les accueillons lorsqu’ils viennent travailler dans nos pays européens pour pouvoir faire vivre leur famille.
Laissons-nous toucher par l’amour et le pardon de Dieu, pour pouvoir à notre tour pardonner et être au service de ce monde que Dieu aime.
Que notre cœur s’ouvre à l’amour du Christ et au partage solidaire vis-à-vis de nos frères et sœurs en humanité.
Lettre de l’abbé Pierpaolo-Maria Petrucci, prieur de Nantes, à Mgr Michel Santier
Nantes, le 12 avril 2006
Monseigneur,
Prêtre italien de la Fraternité Saint-Pie-X, responsable du Prieuré Saint-Louis de Nantes, qui dessert notamment une chapelle à La Roche-sur-Yon, j’ai été choqué – et mes confrères aussi - à la lecture de votre homélie du 2 avril. Vous semblez reprocher à l’Eglise d’avoir été « très présente » autrefois en Vendée, sans laisser assez de place à « des manières de penser et de vivre la vie humaine et la foi d’une manière différente. » Ne croyez-vous pas que l’Eglise est dépositaire de la vérité que Notre Seigneur lui a confiée et qu’Elle seule peut apporter une véritable civilisation ?
Vous mentionnez la souffrance des personnes séparées, divorcées, remariées, et de ceux « qui vivent une orientation sexuelle qu’ils n’ont pas choisie. » L’Eglise catholique devrait-elle renoncer à sa doctrine sur l’indissolubilité du mariage ou alors refuser de condamner les vices contre nature ? Elle a toujours fait la différence entre le péché, qu’Elle condamne et réprouve comme étant le plus grand mal, et le pécheur qu’il faut ramener à Dieu sans cependant cautionner sa façon de vivre. Vous semblez totalement ignorer cette distinction dans votre discours.
Pour quelle faute demandez-vous pardon aux frères et sœurs protestants et anglicans ? Est-ce parce que l’Eglise s’est toujours présentée comme l’unique dépositaire de la Révélation et qu’elle a cherché, par sa prédication, à les ramener à l’unité catholique ? Mais, il me semble que c’est là la vraie charité, répondant à l’ordre que Notre Seigneur a donné à ses apôtres : « Allez prêcher l’Evangile à toutes les nations ».
Vous encouragez les fidèles à soutenir le CCFD qui « continue d’être l’aiguillon qui nous empêche d’oublier nos frères des pays en croissance ». Or, Ouest-France du 9 février dernier nous apprenait que le CCFD a participé au financement d’une mosquée en Indonésie. Vous semble-t-il normal d’encourager des catholiques à soutenir des organismes qui favorisent l’expansion de l’Islam ?
L’Eglise catholique est sainte. Nous le récitons dans le Credo. Elle est sainte parce que son fondateur est saint et que sa doctrine de vérité est sainte et conduit à la sainteté. Des milliers de chrétiens qui sont parvenus - par ses enseignements – à la pratique héroïque des vertus l’ont démontré. Elle est certes composée d’hommes pécheurs qui sont tels parce qu’ils ne vivent pas conformément à son enseignement, et certainement pas à cause de son enseignement. Demander pardon en tant que représentant de l’Eglise et en son nom, comme vous le faites, c’est humilier notre Mère, faire passer ses enseignements pour une source de mal et de désordre. Comme prêtre catholique, j’en suis outré.
Veuillez agréer, Monseigneur, l’expression de mon respect, malgré ma profonde tristesse.
Abbé P.-M. Petrucci
P.S. Vous trouverez en annexe un texte rédigé par notre confrère, M. l’Abbé Girod, qui dessert notre chapelle à La Roche-sur-Yon, après la lecture de votre homélie.
Article de l’abbé Ludovic Girod, directeur de l’école Saint Louis à Nantes :
La repentance de Mgr Santier, évêque de Luçon
Le 2 avril, lors d’une assemblée synodale à Mouilleron-le-Captif, Mgr Santier, évêque de Luçon, a prononcé une prière de repentance et a développé ce même thème dans son homélie1. Il demanda pardon notamment pour la trop grande place qu’occupait l’Eglise en Vendée et pour les jugements portés sur les divorcés ou toutes sortes de personnes « différentes de nous ».
Il semblerait que cette nouvelle demande de pardon ne soit que l’écho des nombreux autres textes de repentance, émanant de Jean-Paul II ou de conférences épiscopales. Rappelons que la mode s’est installée à la fin des années 90 pour les gens d’Eglise de se répandre en repentances pathétiques. Celles-ci consistent à battre la coulpe de ses prédécesseurs devant un monde moderne de plus en plus hostile à l’Eglise. Démarche inédite et stupéfiante, pain bénit, si j’ose dire, pour nos ennemis les plus acharnés qui voient ainsi prendre quelque consistance aux légendes noires qu’ils ont forgées eux-mêmes. Nous n’avons pas attendu vingt siècles pour nous apercevoir que l’Eglise contenait en son sein des pécheurs qui, s’ils ont commis des fautes, les ont commises en contradiction avec les principes de l’Evangile. Les saints par contre, admirables et présents à tous les siècles, ont fait fleurir en eux les principes vivifiants de la grâce divine dispensée par l’Eglise. Comme l’écrit le cardinal Journet : « L’Eglise n’est pas sans pécheurs, mais elle est sans péché ». Si l’on demande pardon, c’est pour ses propres péchés ; c’est sa poitrine que l’on frappe en récitant le Confiteor. Mais il est vrai que la pratique de la repentance va de pair avec la disparition des confessions. On ne peut pas tout faire à la fois.
Mais une lecture attentive des textes de Mgr Santier montre qu’il ne s’agit pas de regretter d’éventuelles exactions ou injustices commises au cours de l’histoire, mais de demander pardon pour l’occupation de l’espace social par l’Eglise de Vendée, occupation qui « laissait peu de place à des manières de penser et de vivre la vie humaine et la foi d’une manière différente ». Et l’évêque d’ajouter : « Des hommes et des femmes ont souffert de cette emprise de l’Eglise sur leur vie personnelle et sociale ». L’Eglise doit donc demander pardon parce que l’immense majorité des Vendéens était catholique ! Au lieu de se réjouir de cette extension de l’Eglise, de cette floraison de familles chrétiennes, de paroisses vivantes, de vocations, il faut battre sa coulpe à cause d’une emprise jugée insupportable par les quelques non-catholiques. Notre Seigneur demande à ses apôtres de prêcher l’Evangile à toute créature, d’aller jusqu’aux extrémités de la terre pour baptiser et donner la vie surnaturelle. Mgr Santier prêche un autre évangile : celui du pluralisme obligatoire et du relativisme religieux. A quand un quota de catholiques à ne pas dépasser dans chaque commune pour ne pas gêner les non-catholiques ? Que Mgr Santier se rassure : tout est rentré dans l’ordre. L’Eglise catholique ne touche plus qu’une petite minorité de pratiquants et n’a plus guère d’influence sociale. La Convention en a rêvé, quelques membres du clergé vendéen moderne l’ont fait.
Mgr Santier évoque ensuite la souffrance causée par l’Eglise à des « personnes séparées, divorcées, divorcées remariées, à d’autres qui vivent une orientation sexuelle qu’ils (sic) n’ont pas choisie ». De quoi s’agit-il exactement ? Est-ce une demande de pardon pour des paroles maladroites qui auraient blessé inutilement les groupes cités ? Auquel cas, il aurait fallu rajouter tous les groupes possibles et imaginables. Ou n’est-ce pas plutôt une demande de pardon pour le jugement que l’Eglise porte sur les catégories précitées, en raison de leur mode de vie objectivement en contradiction avec les commandements de Dieu ? Lorsque Notre Seigneur dit dans l’Evangile : « Quiconque renvoie sa femme et en épouse une autre commet un adultère ; et quiconque épouse la femme renvoyée par son mari commet un adultère » (Luc, XVI, 18), il prononce un jugement sur lequel un évêque, fût-il Mgr Santier, ne peut pas revenir. Et si Jésus pardonne à la femme adultère, ce n’est pas pour la conforter dans son péché, mais pour la remettre dans le droit chemin : « Va, et ne pèche plus » (Jean, VIII, 11). Toutes ces formules ambiguës de repentance peuvent atteindre jusqu’au contenu même de la foi et de la morale, qui est ainsi battu en brèche sous couvert de compassion. Le catholique moyen en conclut que tous les comportements, même les plus contraires à l’Evangile ou à la simple loi naturelle, sont estimables et parfois dignes d’une attention particulière. Il en est de même a fortiori pour l’homosexualité, pudiquement qualifiée d’« orientation sexuelle ».
L’évêque de Luçon s’autorise, pour justifier sa démarche, de la demande de pardon adressée à son Père par Notre Seigneur pour ses bourreaux alors qu’il agonisait sur la croix. Mais le contre sens saute aux yeux. Si Notre Seigneur supplie son Père de pardonner à ses ennemis, cela ne justifie en rien d’abaisser l’Eglise devant les puissants du siècle en regrettant sa vitalité passée et en s’affligeant de ses jugements dans le domaine de la morale. Notre Seigneur ne demande pas pardon pour sa doctrine et ses enseignements. C’est par contre à chacun de nous de demander pardon pour nos fautes, nos désobéissances volontaires à la loi divine, qui sont autant de manques d’amour. C’est là la vraie démarche de pénitence et de conversion qui dispose nos cœurs à célébrer saintement le mystère de la mort et de la résurrection de notre Sauveur.
Monseigneur, j’ai bien peur que vos sentiers ne soient guère lumineux.
Abbé Ludovic Girod
1. Ces deux textes sont consultables sur le site Internet du diocèse de Luçon, qui donne le lien pour accéder aux textes du Synode diocésain. Les citations faites dans cet article sont indistinctement tirées de la prière de repentance, prononcée par Mgr Santier, ou de l’homélie.
Lettre de l’abbé Marc Vernoy, prieur de Fabrègues, à Mgr Michel Santier
Excellence,
Vous avez reçu l’onction divine pour conduire une partie du troupeau de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Je ne peux avoir que du respect pour votre épiscopat.
Je suis cependant libre d’être extrêmement choqué par votre déclaration de repentance, qui, je le crois, devant Dieu n’engage que vous.
Avant de blâmer l’Église et son passé, il serait bon pour les clercs de faire des repentances au présent. Mais il est vrai qu’avec des déclarations directement inspirées par le relativisme matérialiste, l’individualisme égoïste et le nihilisme franc-maçon, on ne peut être qu’aveugle sur ce qui déplaît aujourd’hui à Dieu. Nous avons alors des aveugles qui conduisent des aveugles.
« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit » nous dit le Christ en Matthieu 28, 18-20. Peut-être devriez-vous faire repentance quant à votre devoir d’état ? Que faites-vous réellement pour la mission? La mission dans votre diocèse, dans les banlieues?
Lorsqu’on lit votre repentance, ces jeunes de banlieue se disent que cet homme-là ne semble ni aimer son Dieu, ni son Église et que peut-être il s’aime un peu trop.
Votre repentance, bien qu’historiquement aberrante, n’est même pas héroïque, elle n’est qu’issue du vent de l’esprit mondain, d’une mode honteuse.
Avec vos déclarations, les Grignon de Montfort, les missionnaires, les apôtres sont tous en enfer. Sachez, Excellence, qu’un jour nous serons tous jugés sur la charité: « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime; or celui qui m’aime sera aimé de mon Père; et je l’aimerai et je me manifesterai à lui." Jean 14, 21 et encore « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour, comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure en son amour. Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. » Jean 15, 10-11, etc.
Aimer Dieu, c’est observer ses commandements: amour de Dieu et du prochain, devoir d’état, etc. Pour les observer, il faut les connaître: avoir la foi. Si l’Église ne prêche pas, si elle n’est pas présente, si la société n’encourage pas à la foi et à la charité: qui sera sauvé, Excellence?
Que Dieu nous convertisse tous à sa parole, non telle que nous souhaiterions qu’elle soit, mais telle qu’elle est !
Que Dieu vous offre par sa Passion, son Sacrifice et sa Résurrection la flamme missionnaire.
Veuillez, Excellence, recevoir l’expression de mes religieuses salutations.
Abbé Marc Vernoy