Ecosse : l’avortement médicamenteux à domicile

Le 5 septembre 2018, la Société pour la protection des enfants à naître (SPUC) a interjeté appel de la décision d’un juge écossais permettant les avortements à domicile, comme l’y autorise depuis octobre 2017 un texte émanant du gouvernement écossais. 

L’antenne écossaise de la SPUC avait vainement intenté une action en justice dès janvier 2018, après que le Directeur général de la Santé publique d’Ecosse, Catherine Calderwood, eut maintenu sa décision d'autoriser la prise de misoprostol - un “médicament” abortif - en dehors du cadre clinique. 

« Bien que déçu par la précédente décision de justice, nous avons toujours l’intention de nous battre sur le terrain juridique dans cette affaire. Notre position et nos convictions restent les mêmes », a déclaré John Deighan, directeur de la SPUC, le 5 septembre 2018. 

« Lors de l’audience initiale », ajoute-t-il, « nos arguments ont démontré de manière convaincante l’illégalité des mesures prises par le gouvernement écossais en violation de la loi. Après un examen approfondi, nous avons décidé d’interjeter appel ». 

« La politique de la pilule abortive banalise la terrible épreuve que provoque l'avortement médical chez les femmes. Maintenant elles peuvent le faire dans un environnement où les femmes s’auto-administrent des médicaments puissants sans surveillance médicale ou soutien approprié », a conclu John Deighan. 

Cette argumentation a ses limites. Quand bien même l’avortement serait effectué dans des conditions optimales de surveillance médicale et avec un “soutien approprié”, cet acte n’en demeure pas moins illégitime et condamnable. En effet, qu’il s’agisse de la contraception qui détourne l’acte de sa fin naturelle, ou de l’avortement qui tue l’enfant dans le sein de sa mère, aucune loi civile ne saurait rendre juste et bon un acte mauvais. C’est la raison pour laquelle l’Eglise interdit l’utilisation de la pilule, qu’elle soit contraceptive ou abortive, avec ou sans surveillance médicale.